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Les Canaries préviennent que les règles européennes sur les émissions pourraient pénaliser les liaisons aériennes vers l'archipel

Le gouvernement des îles Canaries a exhorté l'Europe à considérer les liaisons aériennes et maritimes vers l'archipel comme des infrastructures essentielles, avertissant que les règles sur les coûts des émissions risquent de nuire à la compétitivité des lignes.
2026-06-24

Le gouvernement des îles Canaries a fait part de ses inquiétudes concernant la continuité territoriale aérienne et maritime au Parlement européen, avertissant que l'orientation actuelle des réglementations européennes sur les émissions pourrait placer l'archipel en situation de désavantage concurrentiel face aux destinations de vacances hors UE qui ne subissent pas les mêmes coûts.

Cet avertissement a été prononcé le 23 juin par Jose Manuel Sanabria, vice-ministre du Tourisme des îles Canaries, lors d'une intervention devant la commission des transports et du tourisme du Parlement européen. Son argument central était que les Canaries, en tant que région ultrapériphérique de l'Union européenne, ne peuvent être traitées exactement de la même manière que les destinations continentales lors de la conception des politiques aéronautiques et maritimes. Pour une région insulaire située à plus de 1 000 kilomètres de l'Espagne continentale, les avions et les bateaux ne sont pas des options de transport facultatives. Ils constituent l'infrastructure de base qui permet de maintenir le lien avec les résidents, d'acheminer les approvisionnements et de faire fonctionner le tourisme.

Pour les voyageurs, il ne s'agit pas d'une alerte aux perturbations de vols. Aucune nouvelle règle d'entrée, aucune fermeture d'aéroport, aucune annulation de liaison n'a été annoncée dans le cadre de cette intervention, et il n'y a pas de changement immédiat pour les réservations de vacances à Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, Fuerteventura, La Palma, La Gomera ou El Hierro. L'importance de cette actualité réside dans ce qu'elle révèle sur la prochaine phase du tourisme aux Canaries : maintenir la bonne accessibilité des îles pourrait devenir plus complexe à mesure que les compagnies aériennes, maritimes et de croisière s'adapteront aux coûts du carbone, aux exigences en matière de carburants durables et à la concurrence des destinations extérieures à l'Union européenne.

La question est particulièrement pertinente car le modèle touristique canarien repose sur un accès aérien fiable tout au long de l'année. Contrairement à de nombreuses destinations balnéaires méditerranéennes, les îles ne vivent pas seulement au rythme d'un pic estival de courte durée. Leur principal atout réside dans une longue saison, portée par la demande de soleil en hiver en provenance du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Irlande, des pays nordiques, de l'Espagne continentale, de France, de Belgique, des Pays-Bas, d'Italie, de Pologne et d'autres marchés européens. Si les règles environnementales modifient l'économie de la planification des lignes, l'impact ne se limitera pas à un seul programme estival. Il pourrait façonner la capacité hivernale, les dessertes aéroportuaires régionales, les options de voyages d'une île à l'autre, l'offre de séjours tout compris et la capacité des îles plus modestes à diversifier leur clientèle.

Ce que les Canaries ont demandé à l'Europe de reconnaître

Le gouvernement des îles Canaries souhaite que la politique européenne en matière de tourisme et de transports reconnaisse les spécificités des régions ultrapériphériques de l'UE. Ces territoires, désignés sous l'acronyme RUP dans les débats politiques espagnols, font partie de l'Union européenne mais se trouvent éloignés du cœur continental. Dans le cas des Canaries, cette distance n'est pas un détail technique : elle détermine le prix, la fréquence et la fiabilité de la quasi-totalité des voyages.

M. Sanabria a soutenu que la connectivité aérienne et maritime devait être considérée comme une infrastructure essentielle pour les territoires insulaires, et non comme un service commercial ordinaire soumis uniquement aux lois du marché. Cette distinction a toute son importance. Si une ville continentale perd une liaison, les voyageurs disposent souvent de trains, de routes, d'aéroports voisins ou d'alternatives à courte distance en voiture. Si une île perd une liaison, l'impact peut être bien plus brutal : moins de sièges disponibles pour les vacanciers, un accès affaibli pour les résidents, des coûts de fret plus élevés, une compétitivité réduite pour les hôtels et les prestataires d'activités, ainsi qu'une moindre flexibilité en cas d'urgence ou de voyage d'affaires.

Le gouvernement a également demandé la prolongation et l'élargissement des dérogations accordées aux régions ultrapériphériques dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (ETS). Il souhaite que la réglementation évite de pénaliser les territoires où les carburants d'aviation durables et les carburants maritimes alternatifs ne sont pas encore disponibles à l'échelle, au prix ou avec la fiabilité logistique nécessaires pour garantir une transition équitable. L'argument n'est pas d'exempter les Canaries de la durabilité, mais d'éviter que les mesures de décarbonation ne réduisent la compétitivité des îles tout en les privant d'un accès concret aux outils indispensables pour s'y conformer.

Une autre partie de la requête concerne le soutien public aux nouvelles lignes. Le gouvernement canarien souhaite que les règles européennes continuent d'autoriser les aides publiques facilitant l'ouverture ou le renforcement des liaisons aériennes vers les régions ultrapériphériques. C'est particulièrement crucial pour la diversification des marchés. Si l'archipel dispose d'un réseau mature sur ses marchés principaux, les lignes plus récentes ou moins fréquentées ont souvent besoin de temps pour faire leurs preuves. Si les compagnies aériennes doivent supporter des coûts carbone supplémentaires en même temps, le lancement de lignes marginales pourrait s'avérer plus difficile.

Problématique Pourquoi c'est important pour le tourisme Impact potentiel pour les visiteurs
Coûts des émissions de l'UE pour l'aviation Les compagnies comparent la rentabilité des lignes entre destinations lorsqu'elles attribuent leurs avions et leurs sièges. Pourrait influencer la fréquence future des vols, en particulier hors périodes de forte affluence.
Disponibilité des carburants durables Les îles ont besoin d'un accès concret à des carburants plus propres pour que les règles climatiques soient applicables. Pas de changement immédiat, mais la logistique du carburant peut peser sur l'économie à long terme des billets et des lignes.
Soutien public aux nouvelles lignes Les incitations au lancement de lignes peuvent aider les marchés plus petits ou émergents à devenir viables. Une plus grande diversité de liaisons pourrait signifier un meilleur accès depuis les aéroports régionaux et de nouveaux marchés émetteurs.
Règles sur les émissions maritimes Les ferries, les liaisons de fret et les escales de croisière font partie de l'économie touristique des îles. Pourrait influencer la fiabilité des ferries, la compétitivité des ports et les décisions d'itinéraires de croisière au fil du temps.

Pourquoi les règles sur les émissions comptent pour les liaisons de vacances

La planification des lignes aériennes dépend d'une combinaison de facteurs : la demande, la disponibilité des appareils, les taxes aéroportuaires, les coûts d'équipage, le prix du carburant, la concurrence et la rentabilité escomptée. Les coûts du carbone s'ajoutent à cette équation. Sur une courte liaison continentale offrant de nombreuses alternatives, les coûts supplémentaires sont plus faciles à absorber ou à répercuter sur le marché global. Sur une liaison de loisirs plus longue vers une destination insulaire, en particulier face à des concurrents hors UE, l'équilibre s'avère plus fragile.

Les Canaries ne rivalisent pas seulement avec l'Espagne continentale et les Baléares, mais aussi avec le Maroc, la Tunisie, l'Égypte, la Turquie, le Cap-Vert et d'autres destinations baignées de soleil qui ne subissent pas nécessairement la même structure de coûts réglementaires. Cela ne signifie pas que les touristes vont soudainement délaisser l'archipel. Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote et Fuerteventura possèdent des atouts majeurs : un climat clément toute l'année, une offre hôtelière solide, des infrastructures aéroportuaires matures, un environnement de vacances sûr et familier, des plages, des paysages volcaniques, des complexes familiaux, des sentiers de randonnée, des pistes cyclables, des sports nautiques et une large base de fidèles. Néanmoins, les compagnies aériennes n'allouent pas leurs capacités par simple attachement, elles comparent la rentabilité.

Si une liaison vers les Canaries devient relativement plus coûteuse à exploiter qu'une ligne concurrente hors UE, les compagnies aériennes pourraient réagir de plusieurs manières. Elles pourraient maintenir la ligne tout en augmentant les tarifs. Elles pourraient réduire la fréquence des vols durant les mois les plus calmes. Elles pourraient concentrer leurs vols au départ des grands aéroports et réduire l'offre dans les aéroports régionaux plus modestes. Elles pourraient privilégier les îles présentant les taux de remplissage les plus élevés et les meilleures marges. Enfin, elles pourraient demander aux autorités locales et aux gestionnaires d'aéroports un soutien commercial renforcé avant d'engager de nouvelles capacités.

C'est pourquoi l'intervention du gouvernement doit retenir l'attention des voyageurs, même si elle ne modifie en rien les conditions de réservation actuelles. La politique de connectivité se fait souvent oublier lorsque tout fonctionne, pour ne redevenir visible qu'au moment où les lignes disparaissent, où les prix augmentent ou où les voyageurs constatent une baisse des options de départ depuis leur aéroport local. Les Canaries tentent d'anticiper le problème avant qu'il ne devienne une difficulté concrète pour les vacanciers et les professionnels du tourisme.

L'aviation n'est pas la seule source d'inquiétude

Le même débat s'applique au transport maritime. Les îles Canaries dépendent des navires pour le fret, la mobilité des résidents, les voyages inter-îles, les liaisons avec l'Espagne continentale et le tourisme de croisière. M. Sanabria a prévenu que la réglementation sur les émissions maritimes pouvait créer une concurrence inéquitable lorsque les liaisons intracommunautaires supportent une part plus élevée des coûts d'émissions que certaines lignes desservant des ports hors UE. Le gouvernement redoute un report du trafic vers des ports extérieurs à l'Union européenne si ces derniers peuvent fonctionner avec des contraintes réglementaires moins lourdes.

Pour l'économie touristique, la compétitivité maritime joue à plusieurs niveaux. Les itinéraires de croisière dépendent des frais portuaires, de la gestion du carburant, des obligations réglementaires et de la logique commerciale de chaque traversée. Les liaisons par ferry soutiennent les vacances combinant plusieurs îles, les voyages en voiture, le transport d'animaux de compagnie et les connexions entre des îles dotées de réseaux aéroportuaires différents. Les services de fret influencent quant à eux le coût et la fiabilité des marchandises indispensables aux hôtels, restaurants, sociétés de location de voitures et organisateurs d'excursions. Si les coûts maritimes augmentent de manière inégale, les répercussions se feront sentir indirectement à travers les prix, l'activité portuaire et les marges des entreprises.

Cet aspect est particulièrement crucial pour les îles où les liaisons par ferry font partie intégrante du produit touristique. Les voyageurs empruntent des ferries entre Lanzarote et Fuerteventura, entre Tenerife et La Gomera, entre Gran Canaria et Tenerife, ainsi que sur les lignes desservant La Palma, El Hierro et La Graciosa. Ces services ne se limitent pas au transport : ils structurent les excursions d'un jour, les séjours multi-îles et la capacité des destinations plus modestes à attirer des visiteurs logeant sur les îles principales.

Ce que cela implique pour Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote et Fuerteventura

Les quatre principales îles touristiques ne sont pas logées à la même enseigne face au débat sur la connectivité. Tenerife dispose de deux aéroports, d'une grande porte d'entrée internationale au sud (Tenerife-Sud), d'un flux intense de vols domestiques et inter-îles via Tenerife-Nord, de liaisons maritimes étendues et d'un vaste secteur touristique réparti entre zones de villégiature, villes et zones rurales. Tout changement dans l'économie du transport aérien pourrait toucher en premier lieu Tenerife-Sud, fortement liée aux liaisons internationales de loisirs, mais la taille de l'île lui confère une certaine résilience.

Gran Canaria bénéficie également d'une large base de demande. L'île associe le tourisme balnéaire international de Maspalomas, Playa del Inglés, Meloneras, Puerto Rico et Mogán à l'attrait urbain de Las Palmas, aux activités de croisière, aux liaisons intérieures, au tourisme d'affaires et à un trafic inter-îles soutenu. Cette diversité est un atout, mais elle ne dispense pas de garantir une capacité de vol compétitive depuis le Royaume-Uni, l'Allemagne, les pays nordiques, l'Espagne continentale et les marchés européens émergents.

Lanzarote est quant à elle fortement dépendante des vols directs de loisirs et de la clientèle fidèle. Son aéroport est au cœur de son économie touristique, alimentant Puerto del Carmen, Playa Blanca, Costa Teguise et les hébergements ruraux disséminés sur l'île. Si les compagnies aériennes deviennent plus sélectives, Lanzarote devra continuer à prouver que ses lignes offrent un excellent rapport qualité-prix toute l'année, et pas seulement pendant la saison estivale ou les vacances scolaires.

Fuerteventura fait face à un défi similaire. Son urbanisation touristique, ses longues plages et son attrait pour les sports nautiques reposent sur des vols directs en provenance de multiples marchés européens. L'île a fourni des efforts considérables pour consolider ses relations avec les tours-opérateurs et les compagnies aériennes, en particulier au Royaume-Uni et en Allemagne. Un contexte réglementaire qui alourdirait les coûts d'exploitation relatifs rendrait ces partenariats encore plus cruciaux.

Pourquoi les îles plus petites nécessitent une politique de transport minutieuse

La Palma, La Gomera et El Hierro ne sont pas des destinations de tourisme de masse au même titre que les îles plus grandes, mais elles se révèlent d'autant plus sensibles aux évolutions de la connectivité. Un nombre restreint de vols directs, de fréquences inter-îles ou d'horaires de ferry peut faire toute la différence pour les hôtels ruraux, les guides de randonnée, les restaurants, les loueurs de voitures et les sites touristiques.

La Palma fait l'objet d'une attention particulière en matière de soutien à la connectivité depuis que l'éruption du Cumbre Vieja a transformé une partie de son économie touristique. La création et le rétablissement de lignes sont essentiels non seulement pour le volume de passagers, mais aussi pour la confiance. Les visiteurs qui peuvent voyager plus facilement en avion sont plus susceptibles de choisir l'île pour des vacances de randonnée, d'astronomie, des séjours ruraux et des voyages axés sur la nature.

La Gomera et El Hierro dépendent largement des déplacements inter-îles et d'une organisation minutieuse de la part des voyageurs. Leur attrait touristique repose sur leurs paysages, la randonnée, la tranquillité, les activités nautiques, la gastronomie locale et un rythme de vie plus lent. Ces atouts correspondent aux attentes actuelles en matière de voyages plus réfléchis, mais ils supposent des correspondances fiables. Si la politique globale des transports aériens et maritimes complique la pérennité des petites lignes, ces îles risquent d'en ressentir rapidement les effets.

Aucun changement immédiat pour les voyageurs

Le conseil pratique destiné aux vacanciers est simple : ne considérez pas cette situation comme une mise en garde incitant à éviter les îles Canaries. Les vols et les ferries fonctionnent normalement, et l'archipel demeure l'une des régions de vacances les mieux connectées d'Europe tout au long de l'année. Le débat politique porte sur la compétitivité future, et non sur des perturbations actuelles.

Les voyageurs doivent toutefois continuer à comparer les itinéraires avec attention, en particulier lorsqu'ils partent d'aéroports régionaux ou voyagent hors des principales périodes de vacances scolaires. Le meilleur aéroport pour un séjour n'est pas toujours celui qui affiche le tarif d'appel le plus bas. Tenerife-Sud est généralement le bon choix pour Costa Adeje, Playa de Las Américas et Los Cristianos, tandis que Tenerife-Nord s'avère plus pratique pour Santa Cruz, La Laguna et Puerto de la Cruz. L'aéroport de Gran Canaria dessert efficacement aussi bien Las Palmas que les stations balnéaires du sud, bien que les temps de transfert varient. Lanzarote et Fuerteventura offrent un choix d'aéroport plus simple, mais exigent tout de même de prêter attention à l'emplacement de son lieu de séjour et aux options de transfert.

Pour les voyages multi-îles, les vacanciers veilleront à prévoir une marge suffisante entre les correspondances de ferry et d'avion, en évitant de planifier des itinéraires trop serrés autour du dernier départ de la journée. C'est un bon réflexe quelle que soit la politique en matière d'émissions, mais il prend encore plus de sens sur un marché où les capacités et les fréquences risquent d'être gérées de plus près.

Un débat sur la durabilité aux conséquences économiques bien réelles

Les îles Canaries ne s'opposent pas à un tourisme plus vert. L'archipel fait face à ses propres défis en matière de durabilité, qu'il s'agisse de l'approvisionnement en eau, des tensions sur le logement, de la protection des paysages, de la gestion des déchets, de la mobilité, de la pression côtière ou de la nécessité de veiller à ce que le tourisme profite tant aux résidents qu'aux visiteurs. La position du gouvernement est plus précise : la politique climatique ne doit pas pénaliser les territoires qui ne disposent d'aucun substitut réaliste aux liaisons aériennes et maritimes.

Une transition équitable pour le tourisme insulaire doit résoudre des questions concrètes. Le carburant d'aviation durable peut-il parvenir jusqu'aux aéroports insulaires en quantité suffisante ? Les infrastructures portuaires et maritimes peuvent-elles s'adapter sans rejeter le trafic vers des concurrents moins réglementés ? Les petites lignes peuvent-elles rester viables pendant que les compagnies aériennes absorbent de nouveaux coûts ? Le soutien public à la connectivité peut-il être conçu de manière transparente pour faciliter l'accès sans encourager de surcapacités superflues ? Ces interrogations sont d'ordre technique, mais leurs répercussions touchent le quotidien : le choix des vols, la stabilité des lignes, le prix des billets, l'emploi et la qualité des vacances dans les îles.

Ce débat s'inscrit également dans la volonté plus large des Canaries de promouvoir un modèle touristique qui améliore la qualité de vie des résidents. M. Sanabria a relié la connectivité à une vision élargie du tourisme, censée favoriser l'emploi, la cohésion sociale, la protection du patrimoine et un aménagement équilibré du territoire. C'est un point capital car l'archipel cherche à s'éloigner d'une logique purement quantitative. La prochaine étape de la politique touristique ne concerne plus seulement le nombre de visiteurs qui arrivent, mais la manière dont ils voyagent, leur lieu de séjour, leur budget, les communautés qui en bénéficient et la robustesse du système de transport pour faire vivre l'île au quotidien.

Pourquoi cette actualité compte dès aujourd'hui

Le timing importe car les Canaries entrent dans un cycle touristique plus mature et plus concurrentiel. Les récents chiffres de fréquentation et d'hébergement montrent que la demande reste forte, sans pour autant progresser mécaniquement chaque mois ou sur tous les marchés. L'Espagne dans son ensemble continue d'attirer un trafic aérien international important, tandis que les Canaries affichent des signes de stabilisation après plusieurs années d'affluence exceptionnelle. Dans un tel contexte, la moindre variation dans l'économie des lignes peut faire pencher la balance.

Les compagnies aériennes gèrent leurs capacités avec rigueur. Elles peuvent réorienter leurs avions vers des destinations offrant une meilleure rentabilité, un meilleur soutien aéroportuaire ou des coûts d'exploitation réduits. Les hôtels et les tours-opérateurs s'ajustent ensuite en fonction des sièges disponibles. Pour les voyageurs, cela se traduit par des tarifs, des jours de départ et une disponibilité de forfaits modifiés. C'est pourquoi un débat politique européen à Bruxelles finit par se répercuter concrètement lorsqu'une famille compare des vols depuis Manchester, Dublin, Düsseldorf, Paris, Varsovie ou Madrid vers les îles Canaries.

L'intervention du gouvernement ne relève pas de l'alarmisme, mais d'un appel au pragmatisme politique. Les Canaries peuvent encourager un tourisme plus vert tout en affirmant que les îles ultrapériphériques ont besoin de règles adaptées, d'un soutien à leurs lignes et d'un accès à des carburants plus propres. Si l'Europe souhaite que le tourisme se décarbone sans affaiblir les économies insulaires, les réglementations doivent tenir compte des réalités géographiques.

En résumé pour le tourisme aux Canaries

Les îles Canaries demeurent ouvertes, accessibles et profondément ancrées dans les marchés touristiques européens. La récente intervention au Parlement européen ne modifie en rien les projets de vacances pour le moment. Elle met toutefois en lumière un enjeu structurel qui façonnera la compétitivité future de l'archipel : la transition vers des transports moins émetteurs de carbone doit impérativement fonctionner pour les territoires où les liaisons maritimes et aériennes sont vitales.

Pour les visiteurs, le message pratique est de continuer à réserver en toute confiance, de comparer les itinéraires avec soin et d'avoir à l'esprit que la disponibilité des vols contribue grandement au succès des îles en tant que destination de vacances. Pour les professionnels du tourisme, le signal est plus ferme. La connectivité ne peut être considérée comme acquise, en particulier sur un marché où les compagnies aériennes surveillent de près leurs coûts et où des destinations concurrentes se disputent les mêmes appareils, les mêmes équipages et la même clientèle.

Auprès des décideurs politiques, les Canaries défendent une position claire : la durabilité et la connectivité doivent être planifiées de concert. Si les règles sur les émissions augmentent les coûts sans garantir un accès équitable à des carburants durables et un traitement raisonnable des régions ultrapériphériques, le résultat risque d'être un affaiblissement des lignes plutôt qu'un tourisme plus vert. Si, en revanche, la réglementation est conçue en tenant compte des réalités insulaires, l'archipel pourra poursuivre ses efforts en matière de performance climatique tout en protégeant les vols, les ferries et les ports qui rendent possibles les voyages, les échanges commerciaux et la vie quotidienne.

Voilà pourquoi ce sujet politique a toute sa place dans les discussions sur le voyage. L'attrait des Canaries repose sur ses plages, ses stations balnéaires, ses paysages volcaniques, sa culture, sa gastronomie, sa nature et son climat, mais il s'appuie également sur un élément moins visible : un réseau de transport suffisamment robuste pour acheminer les visiteurs chaque mois de l'année. Le débat actuel vise précisément à préserver la compétitivité de ce réseau à l'heure où l'Europe s'oriente vers un avenir bas carbone.

Davantage de guides pour planifier votre voyage : vols vers les îles Canaries et Tenerife : atterrir à l'aéroport Sud ou Nord.