Le Tourisme des Canaries a lancé une nouvelle campagne estivale visant à inciter les résidents de l'archipel à voyager au sein de leur propre territoire, plaçant les visiteurs locaux au cœur de la saison estivale 2026 et soulignant la valeur économique du tourisme inter-îles.
Intitulée Orgullosamente Turisla, cette campagne a pour but de motiver les Canariens à redécouvrir les plages, les paysages, la gastronomie, la culture et les recoins méconnus des îles pendant les vacances d'été. Elle s'inscrit dans la continuité du concept Turisla introduit l'an dernier, tout en mettant l'accent sur la fierté d'appartenance, le tourisme responsable et le rôle naturel d'ambassadeurs que jouent les résidents pour leur destination.
Pour les voyageurs, les professionnels du tourisme et tous ceux qui suivent le marché touristique canarien, cette initiative est révélatrice : elle montre comment l'archipel cherche à renforcer la demande intérieure, au-delà des visiteurs internationaux et de la péninsule espagnole. Le tourisme de proximité n'est pas un sujet secondaire pour les îles. Selon les chiffres publiés avec la campagne, les voyages de résidents aux Canaries génèrent environ 1,85 milliard d'euros de chiffre d'affaires touristique annuel, tandis que la seule période estivale a représenté 137 millions d'euros l'an dernier.
Cette campagne arrive à un moment où les Îles Canaries doivent concilier plusieurs enjeux : une forte demande touristique globale, un regard plus critique sur la répartition des dépenses des visiteurs, la nécessité de soutenir les entreprises situées en dehors des zones hôtelières les plus fréquentées, et un débat public plus large sur la manière dont le tourisme peut mieux servir les résidents. En encourageant les Canariens à voyager dans leur propre archipel, le gouvernement présente les vacances locales comme un moyen de répartir plus équitablement les retombées économiques.
Qu'est-ce que la nouvelle campagne Turisla ?
Orgullosamente Turisla est une campagne touristique estivale portée par l'entreprise publique Turismo de Islas Canarias. Son idée centrale est simple : les résidents connaissent les îles d'une manière qu'aucun visiteur extérieur ne peut égaler, et cette connaissance constitue un atout précieux pour le modèle touristique de l'archipel.
Plutôt que de présenter les Îles Canaries uniquement comme une destination de soleil et de plage pour vacanciers étrangers, la campagne met en avant les façons bien de chez nous de profiter de l'archipel. Elle montre des résidents retournant sur leurs plages familières, explorant de nouveaux paysages, savourant des produits locaux, passant du temps en famille et s'aventurant dans des endroits assez proches pour sembler familiers, mais suffisamment dépaysants pour justifier de vraies vacances.
La campagne est déployée à la télévision, à la radio, dans la presse, en affichage extérieur, sur les canaux numériques et les réseaux sociaux. Elle dispose également d'une section dédiée sur le portail officiel de la destination, regorgeant d'idées et de contenus liés aux expériences à travers les îles. Le message n'est pas seulement promotionnel ; il touche aussi à l'identité de la destination, en encourageant les résidents à profiter des îles tout en préservant le littoral, la nature, les villages et les espaces culturels qui font tout leur attrait.
Ce point est crucial car, d'un point de vue pratique, les Îles Canaries ne constituent pas une destination unique. Des vacances de résident de Tenerife à La Palma, de Gran Canaria à Lanzarote, de Fuerteventura à La Gomera, ou de n'importe quelle île vers El Hierro, représentent un véritable flux touristique. Il mobilise les liaisons maritimes, les vols inter-îles, l'hébergement, la restauration, la location de voitures, les activités guidées, les petits commerces et les sites culturels. Il permet également d'atteindre des zones moins dépendantes des grands flux de voyagistes.
Pourquoi le tourisme de proximité compte pour les Îles Canaries
Les chiffres associés à la campagne soulignent pourquoi les voyages de résidents sont devenus un pilier stratégique du tourisme aux Canaries. En 2025, les résidents ont réalisé près de 737 000 voyages touristiques pendant la saison estivale. Parmi ces voyages, 38 % ont eu lieu au sein même de l'archipel. Les résidents ont également généré 7,4 millions de nuitées, la plus grande part (35 %) étant enregistrée aux Îles Canaries mêmes.
Le vacancier local est d'autant plus précieux en été que ses dépenses se répartissent souvent différemment du tourisme international de masse. Les chiffres officiels de la campagne chiffrent la dépense moyenne à environ 500 euros par voyage, pour un séjour moyen de 9,3 jours. Seuls 2 % des voyages de résidents au sein des îles faisaient appel à des formules tout compris, ce qui signifie qu'une plus grande part des dépenses profite directement aux hébergements locaux, aux restaurants, aux supermarchés, aux transporteurs, aux prestataires d'activités et aux entreprises familiales.
| Indicateur du tourisme de résidents | Chiffre mis en avant par la campagne |
|---|---|
| Chiffre d'affaires annuel généré par le tourisme intérieur | Environ 1,85 milliard d'euros |
| Chiffre d'affaires estival de l'an dernier | 137 millions d'euros |
| Voyages touristiques de résidents à l'été 2025 | Près de 737 000 |
| Part des voyages estivaux de résidents effectués aux Îles Canaries | 38 % |
| Nuitées de résidents à l'été 2025 | 7,4 millions |
| Part des nuitées de résidents passées aux Îles Canaries | 35 % |
| Dépense moyenne par voyage de résident | Environ 500 euros |
| Durée moyenne du séjour | 9,3 jours |
| Voyages de résidents en formule tout compris dans les îles | 2 % |
Pour les professionnels du tourisme, ces données sont primordiales car les visiteurs locaux contribuent à lisser la demande d'une manière différente des marchés internationaux. Les Îles Canaries bénéficient déjà d'une forte attractivité hivernale grâce au soleil, portée par une demande soutenue venue d'Europe du Nord pendant les mois les plus frais. L'été obéit en revanche à une autre dynamique, combinant la demande de la péninsule espagnole, les vacances en famille, le tourisme événementiel et la mobilité des résidents. Un segment de voyages de proximité renforcé aide les hôteliers et les prestataires d'activités à attirer une clientèle qui connaît bien les îles, voyage régulièrement et a tendance à s'aventurer au-delà des sentiers battus.
C'est particulièrement vrai pour les îles de moindre envergure. La Gomera, El Hierro et La Palma possèdent des dynamiques touristiques bien différentes de celles de Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote et Fuerteventura. Elles misent souvent sur la nature, la randonnée, la gastronomie locale, la tranquillité et l'authenticité plutôt que sur le tourisme balnéaire de masse. Un résident qui choisit de passer ses vacances d'été sur l'une de ces îles soutient directement les gîtes ruraux, les petits hôtels, les liaisons maritimes, les guides, les restaurants et les producteurs dans des zones où même un modeste flux touristique a un impact local visible.
Les activités des visiteurs au cœur de la campagne
Les données de la campagne dressent également un portrait fidèle de ce que font les résidents lorsqu'ils voyagent aux Îles Canaries. La plage reste l'activité phare, mentionnée pour 69 % des séjours de résidents. Rien d'étonnant dans un archipel où les littoraux, les piscines naturelles, les spots de surf, les criques familiales et les promenades côtières demeurent les atouts touristiques les plus emblématiques.
Mais l'éventail des activités va bien au-delà du simple farniente. Les visites à la famille et aux amis représentent 42 %, les sorties culturelles 25 %, le shopping 24 % et la randonnée 22 %. C'est précisément là que le tourisme de résidents devient fascinant pour l'économie globale de la destination. Un visiteur local combinera volontiers une journée à la plage avec un repas dans un village, un musée, un marché, une courte randonnée, une traversée en ferry, une visite de proches ou un séjour dans une petite localité qui ne serait pas forcément le premier choix d'un voyageur étranger découvrant l'archipel pour la première fois.
Ce cocktail d'activités explique pourquoi la campagne privilégie la notion de redécouverte plutôt que de simple séjour de vacances. Il n'est pas demandé aux résidents de consommer les îles en simples spectateurs extérieurs, mais de renouer avec des lieux qu'ils connaissent peut-être déjà, d'explorer des recoins qu'ils avaient remis à plus tard, et de considérer une île voisine comme une vraie destination à part entière plutôt que comme le décor de leur quotidien.
Pour les lecteurs de FlyToCanarias qui planifient des vacances depuis l'extérieur de l'archipel, cet angle du tourisme local est également très instructif. Les endroits choisis par les résidents révèlent souvent des pépites au charme intemporel : des sentiers de randonnée prisés des locaux, des plages adorées bien au-delà des cartes postales, des régions gourmandes plébiscitées par les habitants, et des îles où le rythme des voyages est moins dépendant des flux de voyagistes internationaux.
Une autre vision de la demande estivale
Le tourisme aux Îles Canaries est souvent analysé à travers le prisme des arrivées internationales, du taux d'occupation hôtelière, de la capacité aérienne et des dépenses des visiteurs étrangers. S'ils restent essentiels, ces indicateurs ne racontent pas toute l'histoire de la façon dont l'archipel fonctionne en tant que destination de vacances.
Le voyage de résident se distingue par sa spontanéité, sa familiarité et sa récurrence. Un habitant de Gran Canaria peut décider de passer quelques jours à Fuerteventura sans considérer ce voyage comme le voyage d'une vie. Une famille de Tenerife peut opter pour La Gomera pour une escapade nature plus paisible. Un résident de Lanzarote peut se rendre à Gran Canaria pour faire du shopping, assister à des événements ou combiner ville et plage. Un habitant de La Palma peut faire un saut à Tenerife pour des raisons familiales et en profiter pour ajouter quelques jours de loisirs.
Ces habitudes ont une valeur inestimable car elles génèrent un flux touristique moins dépendant d'un unique marché étranger. Elles renforcent également l'idée des Îles Canaries comme un archipel de destinations connectées et non comme sept entités distinctes en concurrence pour les mêmes visiteurs. Les vols inter-îles et les ferries deviennent alors de véritables acteurs de l'économie des vacances, et non de simples infrastructures de transport pour les locaux.
Cette campagne estivale s'inscrit donc dans un questionnement plus large pour l'archipel : comment faire profiter davantage de régions des retombées du tourisme sans pour autant rechercher systématiquement une croissance du volume de visiteurs. Inciter les résidents à voyager au sein de l'archipel est une solution pertinente, car elle s'appuie sur des liens culturels existants, des réseaux de transport rodés et une connaissance intime du terrain. Elle soutient l'économie touristique tout en consolidant l'idée que ces îles sont un patrimoine partagé, et non de simples produits mercantiles destinés aux marchés extérieurs.
Pourquoi la campagne mise sur la durabilité
Le mot « durabilité » est parfois surutilisé dans le tourisme, mais la logique de cette campagne relève ici du bon sens pratique. Les résidents comprennent généralement les attentes en matière de comportement local de manière beaucoup plus intuitive que les touristes qui découvrent l'archipel. Ils savent plus naturellement pourquoi les espaces protégés méritent le respect, pourquoi la gestion de l'eau et des déchets est un sujet sensible, pourquoi les routes de campagne demandent de l'attention et pourquoi certaines plages ou piscines naturelles peuvent saturer lorsqu'elles sont prises d'assaut.
Cela ne rend pas chaque voyage de résident automatiquement durable, mais cela offre à la destination un tout autre point de départ. Le ton de la campagne, axé sur la fierté, l'attention portée au territoire et le sentiment d'appartenance, est une manière de lier le tourisme de loisir à la responsabilité civique. Il rappelle aux résidents que profiter des îles et en prendre soin relèvent d'une même identité.
Cette approche résonne particulièrement en cette année où les Îles Canaries continuent de débattre des pressions touristiques, du logement, des infrastructures, de la protection de l'environnement et de la juste répartition des retombées économiques. Une campagne ciblant les résidents doit avancer avec précaution pour ne pas donner l'impression que le tourisme est encouragé sans considération pour les préoccupations locales. Orgullosamente Turisla tente de répondre à ce défi en présentant le voyageur local comme quelqu'un qui connaît le territoire, le chérit et contribue à faire circuler les bienfaits du tourisme au cœur des communautés locales.
Pour les visiteurs étrangers, c'est le rappel que les Îles Canaries sont des lieux de vie dotés de leur propre culture du voyage. Les plages, les sentiers, les villes historiques et les restaurants qui séduisent les vacanciers internationaux sont également fréquentés et appréciés par les familles locales. Une bonne planification de voyage se doit de respecter ce partage, en particulier pendant les périodes de forte affluence où les routes, les départs de ferries, les parkings et les zones de baignade populaires peuvent s'avérer plus encombrés.
Ce que cela change pour les hôtels, les locations de vacances et les hébergements ruraux
Les professionnels de l'hébergement interpréteront probablement cette campagne sous l'angle de la demande estivale. Les clients résidents ne réservent pas toujours les mêmes prestations que les touristes étrangers. Ils privilégient parfois des séjours plus courts, des locations en gîte rural, des appartements, de petits hôtels, des structures familiales, des escapades urbaines ou des offres de dernière minute. Leurs motivations peuvent également combiner loisirs, impératifs familiaux et aspects pratiques.
Voilà qui rend le tourisme de résidents utile à un large éventail d'hébergements. Dans les zones balnéaires matures, il renforce la demande intérieure durant les semaines d'été. En zone rurale, il soutient les maisons d'hôtes et les petites structures qui dépendent d'une clientèle fidèle et du bouche-à-oreille. Dans des villes comme Las Palmas de Gran Canaria et Santa Cruz de Tenerife, il associe séjours de loisirs et shopping, programmation culturelle, restaurants et visites familiales. Sur les îles plus modestes, il permet de maintenir une activité touristique en dehors des pics de forte demande internationale.
Le taux particulièrement bas de formules tout compris mérite d'être souligné. Si seule une infime partie des voyages de résidents dans les îles s'achète en pack, bon nombre de réservations sont effectuées en direct ou via des canaux flexibles. C'est une aubaine pour les petits prestataires, à condition toutefois qu'ils soient bien visibles, faciles à réserver et transparents sur leurs offres. Un voyageur résident a beau connaître son île, il recherche des informations pratiques précises : stationnement, horaires des ferries, accès à la piscine, équipements de cuisine, options adaptées aux enfants, politiques concernant les animaux, itinéraires de randonnée, disponibilité des restaurants et transports locaux.
Pour les hôtels et les locations de vacances, cette campagne rappelle également que le marché local ne constitue pas qu'une solution de secours lorsque la demande internationale faiblit. C'est un marché à part entière, doté de ses propres exigences. Connaissant parfaitement les îles, les résidents peuvent se montrer des hôtes particulièrement exigeants. Ils comparent attentivement les prix, savent reconnaître une cuisine locale authentique, fuient les expériences stéréotypées et récompensent les établissements profondément ancrés dans leur destination.
Le voyage inter-îles pourrait profiter d'un élan local renforcé
Les vacances des résidents à travers les Îles Canaries reposent en grande partie sur la connectivité inter-îles. Les ferries, les vols régionaux et l'accès aux ports sont au cœur de l'expérience. Si la campagne n'annonce pas de nouvelles liaisons ni de mesures de transport inédites, elle est de nature à stimuler la demande pour les services qui relient déjà les îles entre elles.
Un facteur clé pour la planification des voyages. Une escapade estivale d'une île à l'autre commence souvent par la disponibilité des transports. Les familles voyageant en voiture privilégient volontiers les traversées en ferry, en particulier lorsqu'elles transportent du matériel de plage, des équipements sportifs ou des affaires pour de longs séjours. Les voyageurs en quête de séjours plus brefs opteront pour les vols inter-îles afin de réduire le temps de trajet, tandis que ceux qui visitent de la famille ou combinent plusieurs îles utiliseront les deux.
La même logique s'applique aux vacanciers extérieurs. Plus le marché local normalise le « island-hopping » (le saut d'une île à l'autre), plus il devient intuitif pour les touristes de percevoir les Îles Canaries comme une destination multiple. Les voyageurs ayant déjà visité Tenerife ou Gran Canaria se laisseront plus facilement tenter par l'ajout de La Gomera, La Palma, El Hierro, Lanzarote ou Fuerteventura lors d'un prochain séjour. La culture du voyage des résidents renforce discrètement l'idée que passer d'une île à l'autre fait partie intégrante de l'expérience canarienne.
La campagne porte également un message d'équilibre territorial. Lorsque les résidents parcourent l'archipel, les dépenses se déplacent des grandes îles vers les plus petites, des municipalités côtières vers les bourgades rurales, et des grands groupes vers les petits restaurants, boutiques et prestataires d'activités. C'est précisément l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement érige le tourisme de proximité en levier d'une répartition plus équitable des fruits de ce secteur.
Comment cette initiative s'intègre dans le débat touristique aux Canaries
Les Îles Canaries restent l'une des régions de vacances les plus prisées d'Europe, mais le débat public autour du tourisme est devenu plus exigeant. L'archipel ne se contente plus de compter les visiteurs qu'il attire ; il s'interroge sur le type de valeur générée, la répartition des bénéfices, la résistance des infrastructures et la qualité de vie des résidents face à une industrie qui façonne si largement l'économie locale.
La campagne Orgullosamente Turisla s'inscrit en plein cœur de ce débat. Il ne s'agit ni d'une réglementation, ni d'une taxe, ni de l'annonce d'une nouvelle ligne aérienne ou d'un investissement hôtelier. Sa portée est plus subtile mais non moins importante : elle montre une autorité touristique cherchant à tisser des liens émotionnels et économiques plus étroits entre les résidents et la marque de la destination.
Si la campagne porte ses fruits, elle contribuera à consolider un récit touristique plus équilibré. Les résidents n'y sont pas de simples hôtes subissant le tourisme, mais bien des voyageurs, des clients, des ambassadeurs et des juges de la qualité. Leurs choix peuvent soutenir les entreprises locales et décider quelles destinations restent dynamiques au-delà des pics de la saison internationale.
Cela ne gomme en rien les défis auxquels fait face le secteur. La pression sur le logement, la protection de l'environnement, l'approvisionnement en eau, la congestion des transports et le coût de la vie demeurent des sujets épineux au sein de nombreuses communautés insulaires. Une campagne de voyage axée sur les résidents ne peut résoudre ces problèmes à elle seule. Néanmoins, elle peut contribuer à un modèle plus vertueux si elle encourage un tourisme à plus faible impact, mieux réparti et ancré dans le tissu local, plutôt que de surcharger continuellement les mêmes endroits saturés.
Conseils pratiques pour les voyageurs
Pour les résidents des Îles Canaries, cette campagne est une invitation à envisager leurs vacances d'été au sein même de l'archipel avant de regarder ailleurs. Elle met en lumière toute la richesse de la diversité insulaire : paysages volcaniques, plages, forêts, villages historiques, gastronomie locale, sentiers de randonnée et liens familiaux. Elle offre également aux voyageurs locaux l'occasion de s'aventurer hors de leur île de prédilection.
Pour les visiteurs internationaux, le message est plus indirect mais non moins précieux. Si vous prévoyez des vacances aux Îles Canaries pour l'été 2026, gardez à l'esprit que vous partagerez les plages prisées, les ferries, les routes, les restaurants et les espaces naturels avec des voyageurs locaux autant qu'avec d'autres touristes. Réserver ses transports et hébergements à l'avance s'avère judicieux pour les semaines de pointe, en particulier sur les îles de plus petite taille ou à l'occasion d'événements locaux.
Cette campagne rappelle également l'intérêt de regarder au-delà des sentiers battus de la carte touristique classique. La demande des voyageurs locaux mène souvent vers des expériences plus authentiques : un déjeuner dans un village auvergnat... pardon, canarien après une randonnée, une visite culturelle dans un vieux bourg, une plage plus paisible à l'écart des grands complexes ou quelques jours sur une île au rythme plus lent.
Pour les professionnels du tourisme, l'opportunité consiste à s'adresser aux résidents avec la même exigence que celle réservée aux marchés étrangers. Des informations de réservation claires, des tarifs transparents, des expériences propres à chaque île, une cuisine du terroir, des séjours flexibles et un message respectueux envers la destination contribueront à transformer l'attention générée par la campagne en de véritables réservations.
Une campagne estivale porteuse d'un message fort
Orgullosamente Turisla est, en apparence, une campagne promotionnelle saisonnière. Mais son timing et ses chiffres en font bien davantage. Elle intervient alors que les Îles Canaries continuent de peaufiner leur modèle touristique après des années de forte demande et de débats croissants sur l'impact local de l'activité.
En braquant les projecteurs sur le tourisme de résidents, Turismo de Canarias met en valeur un marché économiquement vital, porteur de sens culturel et intimement lié au fonctionnement de l'archipel en tant que destination interconnectée. Les statistiques de la campagne démontrent que les vacances de proximité ne relèvent pas de l'anecdote : elles génèrent un chiffre d'affaires substantiel, des millions de nuitées et des dépenses significatives pour les entreprises aux quatre coins des îles.
Le message le plus marquant est que les Îles Canaries ne se résument pas à une terre d'accueil pour passagers de vols internationaux. Elles constituent aussi un monde de vacances pour celles et ceux qui y résident. Lorsque les habitants choisissent de redécouvrir leur propre archipel, les retombées profitent aux transporteurs, aux hôteliers, aux loueurs de vacances, aux restaurateurs, aux commerçants, aux guides, aux sites culturels et aux communautés rurales.
Pour l'été 2026, le tourisme intérieur s'impose ainsi comme l'un des chapitres les plus discrets mais les plus essentiels du tourisme insulaire. Il ne remplacera pas la demande internationale, et ce n'est pas son objet. Il vient plutôt enrichir l'économie touristique des Canaries : locale, récurrente, ancrée affectivement et capable de répartir les richesses dans tout l'archipel lorsqu'elle est gérée avec soin.
Voilà pourquoi cette nouvelle campagne Turisla mérite toute notre attention. Elle rappelle que l'avenir du tourisme canarien ne dépendra pas seulement des sièges d'avions, des projets hôteliers et des totaux de visiteurs étrangers. Il dépendra aussi de la capacité des personnes qui connaissent le mieux ces îles à continuer d'y voir des terres dignes d'être explorées, protégées et partagées avec fierté.