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Les Canaries lancent la campagne Turisla pour encourager le tourisme estival des résidents

Les îles Canaries ont lancé la campagne Orgullosamente Turisla pour inciter les résidents à redécouvrir l'archipel cet été, mettant en valeur un marché du tourisme local qui a pesé 137 millions d'euros à l'été 2025.
2026-06-07

En résumé : Les îles Canaries ont lancé une nouvelle campagne de tourisme estival destinée aux résidents de l'archipel. L'objectif : faire du tourisme local et des voyages d'une île à l'autre un pilier stratégique de l'économie des vacances de la région, tout en répartissant plus équitablement les dépenses des visiteurs entre les îles. Baptisée Orgullosamente Turisla, cette campagne a été annoncée le 3 juin 2026 par Tourism of the Canary Islands. Elle invite les habitants canariens à redécouvrir les plages, les villages, les restaurants, les sentiers de randonnée, les piscines naturelles et les expériences culturelles de leurs propres îles durant la haute saison estivale.

Au-delà du simple slogan, cette initiative revet une réelle importance. Les chiffres officiels publiés à cette occasion révèlent que le tourisme des résidents a généré 137 millions d'euros pendant la période estivale 2025, avec une dépense moyenne de 500 euros par voyage et un séjour moyen de 9,3 jours. Dans une destination surtout connue à l'international pour son soleil hivernal, ses séjours tout compris et sa clientèle long-courrier venue d'Europe du Nord, ces données soulignent la valeur du voyageur canarien : un visiteur qui voyage souvent de manière indépendante, dépense directement auprès des entreprises locales et soutient l'activité touristique au-delà des grands complexes hôteliers.

Un nouvel élan estival pour les vacances inter-îles

Orgullosamente Turisla est l'évolution pour 2026 du concept Turisla, créé l'an dernier pour désigner les résidents canariens passionnés par leur archipel qui le parcourent en voyageurs. Le message de cette année met davantage l'accent sur la fierté locale, la connaissance du terrain et la manière bien à eux de voyager : se déplacer sans carte, retourner sur des plages familières, choisir des tables de confiance, découvrir de nouveaux paysages et partager du temps en famille.

Soutenue par l'entreprise publique Tourism of the Canary Islands, la campagne sera diffusée à la télévision, à la radio, dans la presse, en affichage extérieur, sur les médias numériques et les réseaux sociaux. Elle dispose également d'une section dédiée sur le portail officiel de la destination, avec des idées de séjours axées sur l'expérience pour chaque île. Plutôt que de présenter les îles comme un produit exotique destiné aux extérieurs, la campagne invite les résidents à considérer leur propre terre natale comme une destination de vacances qui mérite d'être protégée, appréciée et redécouverte.

Cette distinction a son importance. Les îles Canaries passent des années à perfectionner un modèle touristique fortement dépendant des marchés extérieurs, en particulier le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne continentale, l'Irlande, les pays nordiques, la France, l'Italie et les Pays-Bas. Le tourisme de proximité ne remplace pas cette demande internationale, mais il apporte une forme différente de résilience. Les voyageurs locaux se déplacent d'une île à l'autre pour rendre visite à des proches, faire de courtes pauses, passer des vacances à la plage, randonner, savourer la gastronomie ou profiter d'activités culturelles. Leurs choix renforcent les économies à plus petite échelle et aident les entreprises situées hors des sentiers battus à générer des revenus en été.

Les chiffres clés de la campagne

Le communiqué officiel qualifie le tourisme intérieur de segment stratégique pour les Canaries. Selon les données fournies par Tourism of the Canary Islands, les séjours des résidents génèrent environ 1,85 milliard d'euros de chiffre d'affaires touristique sur l'année. L'été est l'une des périodes où les déplacements de résidents entre les îles sont les plus intenses, et l'année 2025 offre un aperçu éloquent de cette dynamique.

IndicateurChiffres du tourisme estival des résidents
Voyages de résidents à l'été 2025Près de 737 000
Part de ces voyages effectués au sein des Canaries38%
Nuitées de résidents à l'été 20257,4 millions
Part des nuitées de résidents passées dans les Canaries35%
Chiffre d'affaires généré par les vacances d'été des résidents dans les îles137 millions d'euros
Dépense moyenne par voyage500 euros
Séjour moyen9,3 jours
Part de réservation de séjours tout compris au sein des îles2%

Pour les professionnels du tourisme, la statistique la plus révélatrice est sans doute la part minime des séjours en formule tout compris. Selon les données de la campagne, seulement 2 % des résidents réservant des vacances dans l'archipel ont opté pour un forfait. Cela suggère qu'une grande partie des dépenses est organisée directement ou de manière semi-indépendante : hébergement, restauration, transport, boutiques, loisirs, activités guidées et voyages familiaux. Le communiqué officiel lie cette tendance à une meilleure répartition des revenus, l'argent étant moins concentré dans un produit unique et packagé.

Ce comportement rend le marché local particulièrement intéressant pour les petits prestataires. Une famille de Tenerife passant une semaine à La Palma, un couple de Gran Canaria s'offrant une escapade gastronomique à Lanzarote, ou un groupe de Fuerteventura se rendant à La Gomera pour randonner et voir des proches font vivre toute une chaîne d'entreprises locales. Il en va de même pour les résidents qui ne quittent pas leur île mais optent pour une "staycation" (vacances sur place), visitent des musées, sortent au restaurant, font du shopping dans les centres-villes ou passent un week-end dans une maison rurale.

Que font les résidents pendant leurs vacances ?

Les activités mises en avant dans l'annonce montrent que le voyageur résident ne correspond pas à un profil unique. La plage reste l'activité estivale reine, avec 69 % des résidents qui en profitent lors de leurs séjours. Cela correspond au rythme saisonnier naturel des îles : vacances scolaires, réunions de famille, journées plus longues et habitudes côtières profondément ancrées dans la vie locale.

Mais le reste des activités donne à la campagne toute sa dimension touristique. Les visites à la famille et aux amis ont été signalées par 42 % des voyageurs résidents, les visites culturelles par 25 %, le shopping par 24 % et la randonnée par 22 %. C'est un panel de comportements très large, qui touche l'hôtellerie, le commerce de détail, les musées, les centres historiques, les sentiers de l'intérieur, les espaces naturels et les transports locaux, et non plus seulement les hôtels et les plages. C'est capital pour les îles, car l'un des défis permanents est de mieux répartir la valeur du tourisme sur un plus grand nombre de territoires et d'entreprises, sans pour autant chercher uniquement à accroître le volume de visiteurs.

Les profils mis en avant dans la campagne illustrent cette diversité. Sofía retourne sur sa plage préférée. María sait où bien manger. Rayco suit les vagues et la mer. Yaiza cherche des coins tranquilles. Gara collectionne les histoires à travers les villages, les musées et les traditions. Jonay représente les projets en famille autour des piscines naturelles et des souvenirs d'été. Ces personnages sont des outils publicitaires, mais ils reflètent aussi la vraie diversité des loisirs aux Canaries : littoral, gastronomie, vagues, détente, culture et famille.

Pourquoi le tourisme de proximité compte dans une destination mondiale

Pour les vacanciers étrangers, une campagne ciblant les résidents peut sembler secondaire. En pratique, elle en dit long sur la manière dont les îles Canaries souhaitent gérer la demande estivale. L'archipel n'est pas seulement une destination vendue par les aéroports et les tours-opérateurs : c'est aussi un lieu de vie qui compte plus de deux millions de habitants, huit îles habitées et une cohabitation quotidienne entre le tourisme, les transports, l'espace public, le logement, l'approvisionnement alimentaire, les plages, les paysages protégés et l'identité locale.

Encourager les résidents à voyager au sein des îles contribue à faire en sorte que le tourisme ne soit pas perçu comme une activité conçue uniquement pour les étrangers. Cela renforce l'idée que les infrastructures touristiques doivent servir autant aux locaux qu'aux visiteurs. Sentiers, musées, restaurants, accès aux plages, transports en commun, liaisons maritimes, aéroports, points de vue et piscines naturelles font ainsi partie d'un système de loisirs partagé. Lorsque ce système fonctionne pour les résidents, il gagne généralement en authenticité et en utilité pour les visiteurs.

C'est d'autant plus vrai en 2026, alors que le débat sur le tourisme aux Canaries cherche sans cesse à concilier une forte demande et les préoccupations liées à la pression sur les ressources, le logement, la mobilité et les espaces naturels fragiles. Une campagne de tourisme domestique ne résout pas ces problèmes structurels à elle seule. Elle soutient toutefois un principe précieux : le meilleur modèle de destination ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs qui arrivent, mais à la manière dont les retombées du tourisme sont distribuées et dont l'activité reste connectée à la vie locale.

Des retombées potentielles pour les petites îles et les entreprises locales

Le marché des résidents s'avère particulièrement précieux pour les îles et les zones qui ne figurent pas toujours en tête de liste de la demande internationale de séjours tout compris. La Gomera, El Hierro, La Palma et La Graciosa possèdent un charme unique pour la randonnée, le voyage lent, la nature, la gastronomie et les séjours côtiers paisibles, tandis que les régions intérieures de Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote et Fuerteventura profitent des déplacements des résidents hors des grands couloirs hôteliers.

Les voyageurs locaux connaissent souvent les subtilités pratiques qui garantissent la réussite de ces escapades : quels horaires de ferry conviennent pour un long week-end, quels restaurants de village méritent un détour, quelle plage est préférable selon le vent, à quel moment une piscine naturelle est la plus sûre, quelles fêtes locales ont une vraie valeur ou quels sentiers de randonnée conviennent aux enfants et aux grands-parents. Ce savoir-faire se traduit par des modes de consommation différents d'un séjour balnéaire classique, profitant davantage aux petits hébergements, aux restaurants familiaux, aux marchés alimentaires, aux boutiques d'artisanat, aux gîtes ruraux, aux lieux culturels et aux prestataires d'activités.

Pour les entreprises, la campagne rappelle que séduire les résidents n'est pas un lot de consolation. Un client local peut voyager à plusieurs reprises, recommander des adresses à son entourage, revenir en dehors des semaines de forte affluence et amener des invités d'autres îles ou de l'étranger. Dans une destination mature, la fidélité de la clientèle de proximité peut s'avérer aussi précieuse qu'une réservation internationale unique, en particulier pour les petits opérateurs qui comptent sur le bouche-à-oreille et les réservations directes.

Pression estivale et espaces partagés

Cette campagne arrive également à un moment où la mobilité estivale dans l'archipel nécessite une gestion rigoureuse. Lorsque les résidents voyagent en même temps que les visiteurs internationaux et les vacanciers de la péninsule, la pression peut s'accroître dans les aéroports, les gares maritimes, les parkings de plage, les piscines naturelles, les routes côtières, les restaurants prisés et les belvédères réputés. Un élan réussi en faveur du tourisme intérieur doit donc aller de pair avec une gestion pratique de la destination : informations claires, accès sécurisés, respect des zones protégées et planification raisonnée des pics d'affluence.

Cela ne fait pas de la campagne un problème. Au contraire, les résidents comptent souvent parmi les plus ardents défenseurs de la préservation des lieux, car ils entretiennent avec eux une relation sur le long terme. Le message officiel s'appuie sur cette idée en présentant les Canariens comme des personnes qui connaissent, aiment et protègent leurs îles. Pour les voyageurs extérieurs à l'archipel, la leçon implicite est utile : les meilleures expériences de voyage aux Canaries consistent souvent à traiter les plages, les villages, les sentiers et les piscines naturelles non pas comme des décors de vacances jetables, mais comme des lieux partagés dotés d'une véritable identité locale.

Ce point est particulièrement pertinent pour les vacanciers qui prévoient des journées à la plage, des randonnées ou des excursions à la campagne en juillet, août et début septembre. Les vacances des locaux peuvent modifier l'atmosphère de certains endroits. Une plage paisible en mai peut s'animer en août. Une piscine naturelle connue peut être prise d'assaut le week-end. Un restaurant familial dans un petit village peut nécessiter une réservation. Ce ne sont pas des raisons d'éviter de voyager, mais plutôt d'anticiper avec le même soin que les résidents appliquent instinctivement.

Comment cela modifie la perception des visiteurs

Pour les touristes internationaux, Orgullosamente Turisla n'est ni une restriction, ni une nouvelle taxe, ni une règle de transport ou une modification des conditions d'entrée. C'est une campagne promotionnelle qui s'adresse aux habitants. Son effet pratique sera sans doute plus subtil : une plus grande dynamique estivale autour des expériences locales, une meilleure visibilité des lieux méconnus et potentiellement davantage de concurrence pour se loger, se restaurer et profiter des espaces de loisirs pendant les périodes de vacances des résidents.

Les voyageurs qui recherchent un séjour plus authentique peuvent s'inspirer de ces mêmes thématiques pour préparer leur voyage. La plage reste incontournable, mais les données officielles montrent que les Canariens apprécient également la culture, le shopping, la gastronomie, la marche et les visites à leurs proches. Un séjour qui associe un hôtel de villégiature à un déjeuner dans un village, la visite d'un musée, un tour au marché le matin, une courte randonnée ou une excursion d'une journée en ferry se rapproche davantage de la façon dont les résidents profitent eux-mêmes de leurs îles.

C'est une information précieuse pour les lecteurs de FlyToCanarias, car elle élargit le débat au-delà de la simple question de savoir quelle île possède la plus belle plage. Les Canaries forment un archipel connecté. Tenerife et Gran Canaria proposent de grandes expériences urbaines, balnéaires et montagnardes. Lanzarote et Fuerteventura offrent des paysages volcaniques, des plages, du vent et des horizons ouverts. La Palma, La Gomera et El Hierro récompensent les adeptes de voyages lents, de marche et de nature. La Graciosa propose une expérience insulaire plus intimiste et délicate où le comportement des visiteurs compte par-dessus tout. Le tourisme résidentiel relie tous ces endroits grâce à une familiarité vécue.

Le reflet de l'avenir du tourisme aux Canaries

Cette campagne s'inscrit dans la orientation générale de la politique touristique des Canaries : mettre l'accent sur la valeur, la répartition, la durabilité, la fierté locale et la qualité de l'expérience. Les chiffres officiels fournis lors de l'annonce ne sont pas de simple décoration ; ils démontrent que le tourisme de proximité a un véritable poids économique. Un chiffre d'affaires estival de 137 millions d'euros n'est pas anecdotique, et les 1,85 milliard d'euros générés annuellement par le tourisme des résidents montrent pourquoi ce segment mérite d'être soutenu au même titre que les marchés internationaux.

Le point éditorial clé est que le tourisme domestique peut contribuer à rééquilibrer le récit sur les îles Canaries. L'archipel est souvent dépeint à travers des records d'arrivées, les taux d'occupation hôtelière, la capacité aéroportuaire, le soleil d'hiver et les débats sur le surtourisme. Le tourisme des résidents y ajoute une autre perspective. Il montre que le tourisme fait aussi partie du quotidien des Canariens : une famille d'une île qui en visite une autre, un surfer local à la recherche de vagues, un grand-parent qui retourne sur une plage de son enfance, un groupe d'amis optant pour un week-end à la campagne ou un couple qui organise ses vacances autour de la gastronomie et de la marche.

Ce type de tourisme n'est pas vertueux par nature et nécessite toujours des comportements responsables. Les résidents peuvent surcharger des sites sensibles tout aussi bien que les visiteurs. Mais le message le plus fort de la campagne est que la connaissance et le respect doivent faire partie de l'expérience de vacances. Bien connaître un territoire doit inciter à mieux le protéger. Pour une destination soumise à la pression de maintenir son modèle touristique compétitif et socialement accepté, c'est un message précieux.

Ce que les voyageurs doivent retenir

Pour les résidents des îles Canaries, la campagne est une invitation directe à profiter de l'été pour redécouvrir l'archipel, qu'il s'agisse de retourner sur une plage familière, de s'évader sur une autre île, de tester un nouveau restaurant, d'emprunter un sentier de randonnée, de visiter des musées ou de planifier une escapade en famille autour de piscines naturelles et de petits villages. Pour les entreprises touristiques, c'est le signal qu'il faut considérer le marché local comme une cible sérieuse, dotée de ses propres habitudes, de son langage et de ses attentes.

Pour les visiteurs extérieurs aux îles, la principale conclusion est plus pragmatique. L'été aux Canaries n'est pas seulement une saison touristique internationale, c'est aussi une saison de vacances locales. Cela rend les îles plus vivantes, en particulier dans les restaurants, sur les plages, dans les centres-villes et lors des événements culturels, mais cela demande aussi un peu d'organisation. Réservez vos tables à l'avance, vérifiez soigneusement les horaires des ferries et des vols, respectez la signalisation des plages ainsi que les espaces protégés, et pensez à intégrer des expériences d'inspiration locale plutôt que de vous limiter aux routines des complexes hôteliers.

Le lancement d'Orgullosamente Turisla peut passer pour une simple campagne de marketing local, mais il met en lumière une vérité plus profonde sur les îles Canaries en 2026 : l'avenir du tourisme dans l'archipel ne dépend pas seulement de sa capacité à attirer des visiteurs, mais aussi à rendre les voyages enrichissants, respectueux et bien répartis pour ceux qui y vivent au quotidien.