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Les îles Canaries accueilleront le Forum ibéro-américain du tourisme 2027 à Tenerife et Grande Canarie

Les îles Canaries accueilleront le IVe Forum ibéro-américain du tourisme en 2027, avec Arona à Tenerife et San Bartolomé de Tirajana à Grande Canarie confirmées comme municipalités hôtes.
2026-06-10

Les îles Canaries accueilleront le Forum ibéro-américain du tourisme 2027 à Tenerife et Grande Canarie

Les îles Canaries accueilleront la IVe édition du Forum ibéro-américain du tourisme en 2027, un événement international conçu sous forme de rencontre multi-sites à Arona (Tenerife) et San Bartolomé de Tirajana (Grande Canarie).

Cette annonce offre à l'archipel une place de choix sur le calendrier touristique international et renforce son rôle de carrefour entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique latine. Le forum doit rassembler des institutions publiques, des professionnels du tourisme, des experts et des organisations internationales pour débattre de l'avenir du secteur dans l'espace ibéro-américain, autour de thématiques telles que l'innovation, la durabilité, la transformation numérique, la compétitivité, l'emploi et la coopération public-privé.

Pour les Canaries, il ne s'agit pas seulement d'une simple conférence professionnelle. Cet événement place deux des municipalités touristiques les plus importantes de l'archipel au cœur d'un débat de haut niveau : Arona, l'une des principales zones de villégiature et de vacances de Tenerife, et San Bartolomé de Tirajana, la commune de Grande Canarie qui englobe Maspalomas, Playa del Inglés, Meloneras et d'autres zones hôtelières clés. Toutes deux reflètent les réalités quotidiennes des destinations touristiques matures : une forte demande internationale, une concentration hôtelière marquée, une pression sur les infrastructures, la nécessité d'accroître la valeur ajoutée et la recherche d'un modèle plus équilibré pour les visiteurs, les entreprises et les résidents.

Cette décision a été officialisée à l'issue de la troisième édition du Forum ibéro-américain du tourisme à San Pedro Sula, au Honduras, qui avait réuni plus de 900 participants, près de 100 institutions publiques et privées, ainsi que des représentants de 23 pays. L'édition 2027 aux Canaries entend bien poursuivre cette dynamique depuis l'une des destinations insulaires les plus prisées d'Europe.

Pourquoi ce forum est capital pour le tourisme aux Canaries

Les îles Canaries comptent parmi les régions de vacances les plus établies d'Europe, mais la prochaine étape de leur développement touristique ne se résumera probablement plus aux seuls chiffres de fréquentation. L'archipel a amplement démontré sa capacité à attirer un public massif en provenance du Royaume-Uni, d'Allemagne, de l'Espagne continentale, d'Irlande, de France, des Pays-Bas, des pays nordiques et d'autres marchés. La véritable question est de savoir comment une destination insulaire mature peut maintenir sa compétitivité tout en gérant les risques climatiques, la tension sur le marché du logement, les besoins en transport, la qualité de l'espace public, la pénurie de main-d'œuvre, la transition numérique et le soutien des résidents.

C'est pourquoi le Forum ibéro-américain du tourisme constitue un sujet de premier plan pour les voyageurs et l'industrie. Il ne s'agit pas de l'ouverture d'une nouvelle plage, d'une nouvelle ligne aérienne ou d'un nouvel hôtel, mais bien d'un signal fort quant à l'image que les Canaries souhaitent projeter à l'international : non plus seulement une terre d'accueil pour les touristes, mais une destination qui maîtrise suffisamment le secteur pour exporter son savoir-faire, partager son expérience en matière de gestion et accueillir des débats stratégiques sur l'avenir de l'industrie.

La dimension ibéro-américaine du forum a également toute son importance. Les îles Canaries entretiennent des liens historiques, culturels et commerciaux étroits avec l'Amérique latine. Sur le plan touristique, l'archipel endosse le rôle de pont entre l'expérience européenne en matière de gestion de destination et les économies de voyage en plein essor d'Amérique latine et des Caraïbes. Les discussions sur la technologie, le développement durable, le financement, les compétences et la résilience ne relèvent pas de la théorie dans les îles : ce sont des enjeux bien réels pour les hôtels, les municipalités, les opérateurs de transport, les prestataires d'excursions, les sites culturels et les autorités publiques.

Pour les visiteurs, l'impact immédiat devrait être minime. L'annonce n'entraîne aucune modification des règles touristiques, ni restrictions, taxes, fermetures ou changements d'accès. Elle indique en revanche que Tenerife et la Grande Canarie accueilleront un événement professionnel d'envergure en 2027, ce qui pourrait générer une demande ponctuelle pour certains hôtels, sites, transferts et restaurants une fois les dates et le programme finalisés.

L'essentiel en un coup d'œil

ÉvénementLes îles Canaries ont été choisies pour accueillir le IVe Forum ibéro-américain du tourisme en 2027
Lieux hôtesArona à Tenerife et San Bartolomé de Tirajana à Grande Canarie
FormatForum international du tourisme multi-sites
Édition précédenteIIIe Forum ibéro-américain du tourisme à San Pedro Sula, Honduras
Envergure de l'édition précédentePlus de 900 participants, environ 100 institutions et des représentants de 23 pays
Thèmes principauxInnovation, durabilité, compétitivité, transformation numérique, employabilité et coopération public-privé
Impact immédiat pour les visiteursAucun changement concernant les règles de voyage ou les projets de vacances ; les effets pratiques dépendront du programme et des dates de 2027

Arona et San Bartolomé de Tirajana mettent les stations balnéaires sous le feu des projecteurs

Le choix d'Arona et de San Bartolomé de Tirajana n'est pas le fruit du hasard : ces deux municipalités se trouvent au cœur de l'économie touristique des Canaries. Arona, située dans le sud de Tenerife, englobe Los Cristianos, Playa de las Américas et un vaste parc d'infrastructures hôtelières, de loisirs, de plages et de vie nocturne. San Bartolomé de Tirajana, dans le sud de la Grande Canarie, abrite quant à elle certaines des stations balnéaires les plus renommées de l'archipel, notamment Maspalomas, Playa del Inglés et Meloneras.

Il ne s'agit pas de décors symboliques choisis uniquement pour leur beauté pittoresque, mais bien d'exemples vivants des défis et des atouts d'un tourisme mature. Leurs complexes hôteliers accueillent un nombre considérable de visiteurs internationaux. Leurs plages, promenades, zones commerciales, stations de taxis, restaurants, agences d'excursions et quartiers animés illustrent le fonctionnement du tourisme au quotidien. Si leurs économies locales dépendent fortement du secteur, elles font également face aux questions que finissent par se poser toutes les destinations à succès : comment renouveler les espaces publics, protéger le patrimoine naturel, améliorer les conditions de travail, gérer les flux de transport, monter en gamme et éviter de s'enfermer dans un modèle de tourisme de masse obsolète.

Accueillir un forum sur le tourisme au cœur même de ces municipalités donne une dimension très concrète aux débats. Les délégués ne discuteront pas de la transformation des destinations depuis une salle de conférence aseptisée, loin de l'économie réelle, mais bien dans des lieux où l'équilibre entre vacances, vie locale, rentabilité des entreprises et pression environnementale se joue chaque jour.

Voilà qui offre aux Canaries un récit éditorial solide. L'archipel peut mettre en avant les succès de son modèle touristique tout en reconnaissant qu'il est en pleine mutation. Organiser un sommet sur l'avenir du tourisme dans deux de ses stations les plus expérimentées permet de dépasser les simples slogans pour aborder des aspects pragmatiques : quelle croissance souhaiter pour les visiteurs, quels investissements réaliser, de quelle manière s'appuyer sur les données pour guider les politiques publiques, et comment faire en sorte que les communautés locales profitent davantage des retombées du tourisme.

Un forum axé sur la technologie, la durabilité et la coopération

L'édition hondurienne du forum s'est articulée autour de thèmes désormais incontournables pour les politiques touristiques de nombreuses destinations, tels que la gouvernance et l'action concertée public-privé, l'analyse de grands volumes de données, l'intelligence territoriale, la prise de décision en temps réel, la productivité des entreprises, les modèles économiques novateurs, la transition numérique, le financement des PME du secteur, l'inclusion, l'employabilité, la résilience climatique et le tourisme régénératif.

Autant de sujets qui résonnent particulièrement bien aux îles Canaries. Si l'archipel dispose déjà d'une industrie touristique sophistiquée, cette maturité ne dispense en rien d'une adaptation constante. Les hôtels investissent dans l'efficacité énergétique et leur repositionnement. Les pouvoirs publics développent des observatoires et renforcent l'utilisation des données. Les municipalités modernisent les plages, les promenades, l'éclairage, l'accessibilité et les espaces urbains. Les professionnels du tourisme doivent quant à eux composer avec des voyageurs de plus en plus exigeants, des habitudes de réservation en mutation et des coûts d'exploitation à la hausse. En parallèle, les habitants expriment des préoccupations légitimes concernant le logement, les salaires, la congestion et la répartition des revenus du secteur.

La transformation numérique constitue l'un des aspects les plus concrets de cette évolution. Pour prendre des décisions plus judicieuses, les Canaries ont besoin de données plus précises sur le comportement des visiteurs, leurs dépenses, leurs déplacements, leur consommation de ressources et leur degré de satisfaction. Une destination qui sait où se déplacent les voyageurs, à quel moment la pression s'intensifie et quelles activités génèrent la plus forte valeur locale gère son tourisme avec beaucoup plus d'intelligence qu'une simple structure qui se contente de compter les arrivées à l'aéroport.

Le développement durable revêt une importance tout aussi capitale, mais doit s'envisager de manière opérationnelle. Pour les îles, cela englobe la gestion de l'eau et de l'énergie dans l'hébergement, le traitement des déchets, la mobilité, la préservation des plages et des espaces naturels, l'adaptation climatique, la prévention des risques d'incendie et de canicule, ainsi que la résilience des petites entreprises locales. Le tourisme régénératif, si souvent évoqué dans les sphères officielles, n'a de sens que s'il améliore la relation entre les vacanciers, les résidents, les paysages et les économies locales.

La coopération public-privé représente un autre pilier fondamental. Le secteur touristique aux Canaries est trop vaste et complexe pour être géré par la seule administration publique. Hôtels, compagnies aériennes, ports, aéroports, agences de voyage, restaurants, entreprises technologiques, municipalités, cabildos et autorités régionales façonnent tous, à leur échelle, l'expérience des visiteurs. Un forum réunissant des institutions et des entreprises de tout l'espace ibéro-américain offre aux îles l'opportunité de comparer leurs approches et de nouer des partenariats au-delà des circuits touristiques européens traditionnels.

Ce que cela implique pour Tenerife

Pour Tenerife, l'implication d'Arona dans le forum place le couloir touristique du sud de l'île sur le devant de la scène professionnelle internationale. Arona est l'un des secteurs les plus familiers des vacanciers étrangers, en particulier de ceux qui fréquentent Los Cristianos et Playa de las Américas. C'est également une commune où le tourisme n'est pas une simple activité secondaire, mais bien le moteur économique par excellence.

Cette réalité fait d'Arona un hôte de choix pour les débats sur l'avenir des stations balnéaires. La région possède une longue expérience du tourisme de masse et indépendant, des séjours en famille, de la vie nocturne, des longs séjours, des excursions, de la restauration, du shopping et des loisirs côtiers. Elle doit également se pencher sur la mobilité, la rénovation urbaine, l'accessibilité, la gestion des plages, la sécurité et la qualité de vie des résidents qui vivent dans ces zones à forte fréquentation ou à proximité.

Pour les entreprises touristiques de Tenerife, le forum pourrait renforcer leur visibilité auprès des instances publiques, des investisseurs, des gestionnaires de destinations et des acteurs d'Amérique latine et d'autres marchés hispanophones. Il contribuera également à conforter le rôle de l'île en tant que destination de savoir, et non plus seulement de loisir. Tenerife accueille déjà de grands événements, des conférences et des programmes culturels ; l'accueil d'un forum ibéro-américain du tourisme lui offre une plateforme professionnelle supplémentaire directement reliée à son cœur de métier.

Cet événement pourrait en outre appuyer le positionnement de Tenerife au-delà du simple tourisme balnéaire. L'île dispose d'atouts majeurs en matière de nature, de gastronomie, d'astronomie, de culture, de sport, de tourisme d'affaires et de télétravail. Un sommet de haut niveau donne aux institutions locales une nouvelle occasion de démontrer la complémentarité de ces segments et de prouver qu'une destination mature peut continuer d'évoluer sans perdre l'essence qui a fait son succès initial.

Ce que cela implique pour la Grande Canarie

À la Grande Canarie, San Bartolomé de Tirajana constitue le point d'ancrage évident pour relier le forum à l'économie de villégiature de l'île. Maspalomas et Playa del Inglés comptent parmi les noms les plus emblématiques du tourisme européen aux Canaries. Meloneras s'est quant à elle imposée comme le symbole d'un développement hôtelier plus haut de gamme, tandis que la commune englobe également des dunes, des plages, des promenades, des espaces commerciaux, des parcours de golf, des zones de vie nocturne et des hébergements qui attirent des visiteurs toute l'année.

Le forum de 2027 offre à la Grande Canarie l'opportunité de présenter le sud de l'île sous un angle plus vaste qu'une simple destination balnéaire mature. San Bartolomé de Tirajana fait l'objet d'efforts constants de modernisation de ses espaces publics et de son offre touristique, avec notamment des améliorations en matière d'accès, de promenades, d'éclairage, d'assainissement et de liaisons cyclables. Ce type de projet reflète précisément le niveau de détail en matière de gestion de destination que les professionnels du secteur s'attendent à trouver.

La Grande Canarie pourra également s'appuyer sur le forum pour connecter le sud touristique au reste de l'île. Si beaucoup de délégués associent Maspalomas à une marque de vacances, l'offre globale de l'île intègre aussi Las Palmas de Gran Canaria, ses villages ruraux, ses paysages montagneux, sa gastronomie, ses événements culturels, son tourisme sportif, ses infrastructures portuaires et ses produits du terroir. Un programme bien conçu pourrait inciter les professionnels à appréhender l'île comme un écosystème touristique complet plutôt que comme un simple chapelet de plages de villégiature.

Pour les entreprises locales, les retombées dépendront de l'envergure de l'événement, de ses dates et de son programme final. Les hôtels pourraient enregistrer une demande pour des groupes. Les sociétés de transport s'occuperont des transferts entre les sites et l'aéroport. Les restaurants, les salles de réception et les lieux culturels trouveront preneurs pour des événements de networking, des dîners et des visites. Enfin, les agences de voyages réceptives, les guides et les prestataires d'activités pourrions tirer leur épingle du jeu si le programme inclut des visites techniques ou des expériences immersives.

Aucun changement immédiat pour les vacanciers

Les voyageurs qui prévoient des vacances aux Canaries n'ont pas besoin de modifier leurs projets suite à cette annonce. Le forum se tiendra en 2027 et aucun calendrier public précis n'a encore été communiqué. Il ne s'agit ni de restrictions pour les visiteurs, ni de perturbations dans les transports, ni de mesures restreignant l'accès aux plages, ni d'une quelconque nouvelle réglementation visant les touristes.

L'impact concret sur les séjours se précisera une fois que les dates, les lieux, le nombre de délégués et le programme officiel auront été validés. Autour des dates de l'événement, les visiteurs pourraient observer une hausse de la demande hôtelière dans certaines zones du sud de Tenerife et de la Grande Canarie, en particulier si le programme exploite plusieurs sites ou coïncide avec d'autres conférences, festivals ou périodes de forte affluence touristique. Les restaurants, les taxis et les services de transfert connaîtront également une activité plus soutenue aux abords des zones hôtes.

Pour la grande majorité des vacanciers, l'effet devrait toutefois se révéler indirect et positif. Ce type d'événement aide les destinations à perfectionner leurs services professionnels, à resserrer leurs liens internationaux et à attirer un tourisme à plus haute valeur ajoutée. Il incite également les autorités locales à porter une attention accrue aux espaces publics, à la mobilité, à l'accessibilité et à la qualité de l'expérience vécue.

Les vacanciers pourront en outre bénéficier des réflexions impulsées par ces rencontres. Une meilleure exploitation des données aide les destinations à réguler la surfréquentation. Des politiques de durabilité plus strictes protègent les plages et les paysages. Des formations renforcées rehaussent la qualité des prestations. Enfin, la concertation entre les entreprises touristiques et les autorités publiques rend l'information aux voyageurs plus claire et la planification des transports plus fiable.

Pourquoi le lien ibéro-américain constitue un avantage stratégique

Les relations qu'entretiennent les îles Canaries avec l'Amérique latine confèrent à ce forum une pertinence bien supérieure à celle d'une simple candidature de conférence classique. De nombreuses familles canariennes ont des attaches de l'autre côté de l'Atlantique, et l'archipel se positionne de longue date comme une passerelle entre les continents. Sur le plan économique, ce rôle revêt une importance toute particulière pour le tourisme, dans la mesure où les îles associent une expérience réglementaire européenne, une gestion de destination mature et une réelle proximité culturelle avec les marchés hispanophones.

Pour les destinations touristiques d'Amérique latine, les Canaries peuvent servir de source d'inspiration en matière de connectivité aérienne, de développement hôtelier, de valorisation de l'image de marque insulaire, de marketing touristique, de coopération public-privé et de diversification des clientèles. Réciproquement, l'Amérique latine offre aux Canaries des opportunités de partenariat, des échanges d'expertise, des perspectives d'investissement et l'occasion de consolider son profil international en dehors des bassins émetteurs européens traditionnels.

Cela ne signifie pas pour autant que le forum vise à transformer du jour au lendemain l'Amérique latine en un marché émetteur de premier plan pour les îles. Les flux touristiques long-courriers dépendent de la desserte aérienne, de la tarification, de la notoriété et des habitudes de voyage. La valeur ajoutée la plus immédiate est d'ordre professionnel : nouer des réseaux, partager des expertises et positionner les institutions et entreprises canariennes comme des partenaires incontournables du développement touristique.

Un tel positionnement s'avère précieux pour les cabinets de conseil, les fournisseurs de technologies, les organismes de formation, les groupes hôteliers, les gestionnaires de destinations et les agences publiques basés dans l'archipel ou y ayant des attaches. Le savoir-faire touristique constitue en soi un produit d'exportation, et les Canaries cumulent des décennies d'expérience accumulée dans un secteur que de nombreuses destinations cherchent encore à structurer.

Une occasion d'aborder sans détour la question du tourisme mature

L'un des écueils de tout forum touristique de haut niveau réside dans le risque de basculer dans la pure promotion. Les îles Canaries tireront d'autant plus profit de l'édition 2027 si elles utilisent cette tribune pour débattre honnêtement du tourisme mature. Cela implique de célébrer ce qui fonctionne, mais aussi de regarder en face les pressions inhérentes au succès.

L'archipel bénéficie d'un attrait mondial incontesté pour le tourisme de soleil, les activités de plein air, les plages, les paysages volcaniques, la gastronomie, la culture et les séjours d'évasion tout au long de l'année. Il fait toutefois face à des contraintes réelles : un territoire limité, une sensibilité environnementale marquée, une dépendance au transport aérien, des défis en matière d'eau et d'énergie, des tensions sur le logement, une circulation dense dans les zones d'affluence et une main-d'œuvre qui doit pouvoir se loger à un coût raisonnable à proximité de l'économie touristique qu'elle fait vivre.

Un forum rigoureux peut contribuer à requalifier ces problématiques en défis communs plutôt qu'en simples doléances locales. De nombreuses destinations ibéro-américaines se trouvent confrontées à des questionnements similaires sous des formes diverses : comment le tourisme peut-il générer des emplois sans appauvrir la vie communautaire ? Comment les petites entreprises peuvent-elles adopter les technologies sans être marginalisées ? De quelle manière exploiter l'intelligence artificielle et les données de façon responsable ? Comment le secteur doit-il faire face aux risques climatiques ? Et comment les acteurs publics et privés peuvent-ils œuvrer de concert sans perdre leur imputabilité ?

Parce que les îles Canaries cumulent succès et pressions, elles constituent un terrain crédible pour soulever ces questions. L'expérience de l'archipel n'a rien de théorique : elle s'observe directement dans les aéroports, les zones hôtelières, les espaces naturels protégés, les mairies, les centres de formation, les restaurants, sur les plages et à travers les débats publics qui animent les îles.

Le message clé pour les îles Canaries

La confirmation de la tenue du IVe Forum ibéro-américain du tourisme aux Canaries tombe à point nommé. Elle intervient alors que l'archipel s'efforce de faire évoluer le discours, privilégiant la valeur au volume, la gestion à la promotion, et une identité élargie — englobant événements, gastronomie, culture, nature, sport, bien-être, tourisme d'affaires et transferts de connaissances — au détriment du seul triptyque « soleil et plage ».

Arona et San Bartolomé de Tirajana s'affirment comme des hôtes de premier plan car ils incarnent les raisons pour lesquelles cette transition s'avère indispensable. Ce sont des destinations prospères dotées d'infrastructures touristiques solides, mais ce sont aussi des lieux où le renouveau, la qualité et l'équilibre ne relèvent plus de l'option. En exposant ces municipalités aux yeux d'un parterre de professionnels ibéro-américains, les îles Canaries démontrent à la fois leurs points forts et leur aptitude à penser la prochaine étape de leur développement touristique.

Pour les lecteurs de FlyToCanarias, l'actualité mérite d'être suivie de près car elle est susceptible d'influencer les futures politiques touristiques, les partenariats commerciaux et les investissements à Tenerife et en Grande Canarie. Ce n'est certes pas une raison pour modifier dès aujourd'hui la réservation d'un séjour en 2026 ou 2027, mais c'est bel et bien une invitation à observer la façon dont l'archipel se positionne : celle d'une destination mature qui entend peser sur le grand débat touristique mondial, plutôt que de se contenter d'y réagir.

Si le forum tient ses promesses, sa portée ira bien au-delà du cercle des délégués présents. Il permettra aux îles Canaries de resserrer leurs liens internationaux, de mettre en valeur des innovations pratiques, de stimuler le tourisme d'affaires et d'attirer une attention plus soutenue sur le modèle d'économie des visiteurs que l'archipel appelle de ses vœux pour la décennie à venir. De quoi ériger le Forum ibéro-américain du tourisme 2027 au rang d'événement stratégique majeur, bien au-delà d'une simple date sur le calendrier des manifestations.

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