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Les Canaries et l'Uruguay signent un nouvel accord de coopération pour un tourisme durable

Les Canaries et l'Uruguay ont renouvelé un cadre de coopération vieux de 24 ans, intégrant le tourisme durable, la résilience climatique, le patrimoine et l'innovation numérique au sein d'un partenariat atlantique élargi.
2026-06-20

Les îles Canaries et l'Uruguay ont signé un nouveau protocole d'accord plaçant le tourisme durable, la résilience climatique, l'innovation, le patrimoine et la réforme de la gouvernance publique au cœur d'un partenariat atlantique renouvelé entre les deux territoires.

L'accord a été signé à Montevideo par le président des Canaries, Fernando Clavijo, et Alejandro Sanchez, président de l'Agence uruguayenne pour la coopération internationale. Ce texte remplace le mémorandum signé en 2002 et instaure ce que le gouvernement canarien décrit comme un cadre de coopération stable et permanent dans des domaines stratégiques communs.

Pour les voyageurs, il ne s'agit pas d'une nouvelle ligne aérienne, de l'ouverture d'un hôtel, d'une modification des règles d'entrée ou d'une taxe touristique. L'enjeu est avant tout stratégique. Ce mémorandum inscrit le tourisme dans une réflexion plus large sur la manière dont les destinations insulaires et atlantiques s'adaptent aux pressions climatiques, protègent leurs atouts naturels et culturels, modernisent les services publics, intègrent les technologies et gèrent la croissance pour concilier bien-être des résidents et accueil des visiteurs.

Cet accord est donc crucial pour le secteur touristique canarien, même si la signature a eu lieu à des milliers de kilomètres de Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote ou Fuerteventura. Le tourisme dans l'archipel est désormais intrinsèquement lié à des problématiques telles que la gestion de l'eau, la mobilité, le logement, l'espace public, la biodiversité, le patrimoine, les services numériques et l'équilibre entre la demande touristique et la qualité de vie locale. Le nouveau partenariat avec l'Uruguay aborde simultanément nombre de ces thématiques.

Le contenu de l'accord

Ce nouveau mémorandum actualise un cadre de coopération en vigueur depuis 24 ans. Il s'appuie sur les liens historiques, culturels et sociaux profonds entre les Canaries et l'Uruguay, lesquels perdurent depuis la fondation de Montevideo il y a trois siècles. La signature en 2026 coïncide avec le 300e anniversaire de Montevideo, fondée en 1726 avec la participation de familles canariennes.

Ce contexte historique n'est pas purement symbolique. Il confère à l'accord un poids politique et culturel certain, expliquant pourquoi les deux gouvernements présentent ce renouvellement comme bien plus qu'une simple mise à jour administrative. L'objectif affiché est de transformer une histoire commune en une coopération concrète face aux défis du XXIe siècle.

Le mémorandum couvre un large éventail de domaines. Les axes les plus pertinents pour le tourisme incluent la durabilité environnementale, la transition énergétique, l'économie circulaire, la résilience climatique, la biodiversité, la protection des écosystèmes, l'urbanisme durable, la mobilité, les infrastructures résilientes, la modernisation des services publics, le patrimoine culturel, les industries créatives, la transformation numérique, les technologies émergentes, la recherche, la formation ainsi que l'échange d'études et d'expériences en matière de tourisme durable.

Axe de l'accordImpact pour le tourisme aux Canaries
Tourisme durableFavorise l'échange de connaissances sur la gestion des destinations, la pression touristique, la valeur ajoutée locale et la compétitivité à long terme.
Résilience climatiqueLie la planification touristique à la gestion de la chaleur, de l'eau, la protection du littoral, les infrastructures et les risques environnementaux.
Économie circulaireEssentiel pour l'hôtellerie, la restauration, la réduction des déchets, les circuits d'approvisionnement locaux et l'efficacité des ressources.
Mobilité durableCrucial pour l'accès aux complexes touristiques, les transports publics, les liaisons inter-îles, les visites urbaines et les voyages à faible impact.
Patrimoine culturelSoutient un tourisme basé sur l'identité, l'histoire, les communautés locales, les musées, les itinéraires et la médiation culturelle.
Transformation numériquePermet d'améliorer l'information aux visiteurs, la coordination des services publics, la planification basée sur les données et l'innovation entrepreneuriale.

Pourquoi est-ce un sujet touristique ?

À première vue, un accord entre le gouvernement des Canaries et l'Uruguay pourrait ressembler à une simple formalité diplomatique. Pourtant, la liste des domaines de coopération démontre son importance pour une destination comme les Canaries. La politique touristique moderne ne se limite plus à la promotion, au taux d'occupation hôtelière ou au remplissage des avions ; elle dépend désormais des systèmes qui soutiennent l'économie du visiteur.

Une station balnéaire peut connaître une forte demande tout en étant sous pression si les routes sont saturées, le logement tendu, les plages mal gérées, les infrastructures hydrauliques fragiles, les atouts culturels sous-exploités ou si les dépenses des touristes ne profitent qu'aux corridors touristiques les plus évidents. Le tourisme durable est précisément le point de convergence de tous ces enjeux.

Les Canaries figurent parmi les principales régions de vacances toute l'année en Europe, attirant des flux massifs du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Espagne continentale, d'Irlande, de France, des Pays-Bas, des pays nordiques et d'autres marchés. Cette échelle génère des emplois et une activité économique, mais complexifie la gestion de la destination. L'archipel doit protéger ce que les visiteurs viennent chercher : un climat agréable, des paysages préservés, des côtes sauvages, une identité forte, la sécurité, l'accessibilité et des services publics fiables.

L'Uruguay n'est pas un concurrent direct sur le marché du tourisme balnéaire des Canaries, ce qui rend ce partenariat d'autant plus intéressant. Il permet à l'archipel d'échanger des idées avec un autre territoire atlantique confronté à des problématiques similaires de climat, d'urbanisme, de patrimoine, d'innovation et d'administration publique, plutôt que de simplement comparer des statistiques hôtelières avec des destinations solaires rivales.

Une vision élargie du tourisme durable

La meilleure façon d'interpréter cet accord est de voir le tourisme durable comme un modèle opérationnel concret. Auparavant, la durabilité était souvent traitée comme un slogan environnemental vague. Aujourd'hui, aux Canaries, elle est bien plus tangible. Elle englobe la capacité des visiteurs à se déplacer efficacement sans saturer les routes, l'adéquation des hôtels et locations saisonnières avec les besoins en logement locaux, la préservation de la qualité des espaces publics, la protection des zones naturelles et la capacité du tourisme à soutenir un tissu économique diversifié.

L'accent mis par le mémorandum sur la durabilité environnementale, l'économie circulaire et la résilience climatique répond directement à cette réalité. Les hôtels et restaurants dépendent de l'énergie, de l'eau, de la gestion des déchets et des chaînes d'approvisionnement. Les excursions dépendent de paysages protégés, de sentiers sécurisés, de plages, de belvédères et de ports. Le tourisme urbain repose sur la mobilité, l'ombrage, le patrimoine, la propreté et l'aménagement de l'espace public. L'expérience du visiteur est façonnée par les infrastructures bien avant qu'un voyageur ne rédige un avis.

C'est particulièrement crucial aux Canaries car chaque île fait face à des pressions différentes. Tenerife et Gran Canaria gèrent de vastes zones hôtelières, un tourisme urbain, des visites de montagne et une forte demande de transport. Lanzarote possède une identité paysagère et architecturale forte, avec des enjeux liés à l'eau, à la capacité d'hébergement et aux zones protégées. Fuerteventura est étroitement liée aux plages, à l'espace littoral et à l'exploration routière. La Palma, La Gomera et El Hierro nécessitent un tourisme qui soutienne les économies rurales et naturelles sans submerger les petites communautés.

Un accord de coopération ne résoudra pas ces problèmes seul. Mais il peut créer des canaux pour comparer les outils politiques, les méthodes de recherche, les systèmes numériques et les idées de gestion publique. En gestion de destination, la capacité d'apprendre d'un autre territoire est précieuse lorsque les problèmes sont trop complexes pour être résolus par la seule promotion touristique.

La résilience climatique au cœur des priorités

L'un des signaux les plus forts de ce mémorandum est l'inclusion de la résilience climatique et de la protection des ressources naturelles, de la biodiversité et des écosystèmes. Pour les Canaries, l'adaptation climatique n'est pas un concept abstrait. Elle est liée à l'entretien des plages, l'érosion côtière, les épisodes de forte chaleur, la pression sur l'eau, le risque d'incendie, les paysages protégés, l'ombrage urbain, la fiabilité des transports et le confort des vacances en plein air.

Les visiteurs choisissent les îles en partie pour leur climat. Cela fait de la résilience climatique un atout touristique, et non seulement un domaine de politique environnementale. Si les autorités améliorent la planification face à la chaleur, la mobilité, la protection du littoral et l'utilisation des ressources, les bénéfices seront ressentis d'abord par les résidents, mais aussi par les visiteurs qui comptent sur des plages sûres, des villes propres, des routes fonctionnelles, une information fiable et des espaces naturels bien gérés.

L'Uruguay apporte un contexte géographique et touristique différent, mais la dimension atlantique commune est essentielle. Les deux territoires possèdent des communautés côtières, des atouts patrimoniaux, des besoins de gestion environnementale et des défis en matière de services publics. Partager des approches de résilience peut aider les Canaries à mieux définir ses priorités : comment gérer les infrastructures face à l'évolution des conditions météorologiques, quelles données doivent guider les décisions et comment les secteurs public et privé peuvent-ils coopérer avant que les tensions ne deviennent visibles pour les touristes ?

Patrimoine et identité : une valeur ajoutée pour le visiteur

L'accord inclut également le patrimoine culturel, les industries créatives et l'échange de connaissances. C'est un autre angle touristique majeur. Les Canaries ont parfois été vendues à l'international via une image réductrice de plages et de soleil permanent, mais le positionnement à long terme de l'archipel dépend de son identité : centres historiques, gastronomie locale, artisanat, musique, traditions religieuses, paysages volcaniques, ports historiques, vallées agricoles et spécificités culturelles de chaque île.

Le lien avec l'Uruguay donne à cette identité une extension atlantique. L'histoire de la migration canarienne vers l'Uruguay et la fondation de Montevideo font partie d'une géographie culturelle plus large qui peut enrichir la manière dont les îles se présentent. Le patrimoine n'est pas seulement quelque chose que l'on conserve dans des musées ; il peut soutenir des itinéraires, des événements, la médiation, l'éducation, la gastronomie et le voyage culturel.

Pour les visiteurs, cela est important car les meilleurs voyages aux Canaries dépassent souvent le cadre du complexe hôtelier. Un voyageur passant une semaine à Tenerife peut visiter La Laguna, Garachico, La Orotava ou les marchés locaux. Un visiteur de Gran Canaria peut combiner Maspalomas avec Vegueta, Agaete, Teror ou l'intérieur des terres. Les voyageurs à Lanzarote associent souvent plage et sites de César Manrique, La Geria, Teguise ou routes volcaniques. Le patrimoine donne du sens à ces déplacements et aide à répartir la valeur économique au-delà des zones d'hébergement principales.

La coopération internationale sur le patrimoine et les industries créatives peut donc soutenir une économie touristique plus diversifiée. Elle peut également aider les résidents à percevoir le tourisme comme un vecteur de l'identité locale plutôt que comme une simple réponse à une demande externe.

Transformation numérique et planification touristique

La transformation numérique est un autre volet important du mémorandum. Dans le tourisme, la digitalisation ne se limite pas à la réservation en ligne. Elle inclut de plus en plus les données de destination, le suivi des flux de visiteurs, l'information sur les transports, la coordination des services publics, la communication d'urgence, la signalétique intelligente, les informations d'accessibilité, les outils business et la capacité de mesurer la pression touristique avant qu'elle ne devienne critique.

Les Canaries ont besoin de données solides pour comprendre comment les visiteurs se déplacent entre les complexes, les villes, les plages, les zones protégées, les ports et les aéroports. L'archipel doit également mieux connecter les entreprises touristiques à la planification publique. Hôtels, compagnies aériennes, opérateurs de ferries, loueurs de voitures, agences d'excursions, restaurants et municipalités voient souvent des fragments différents d'un même parcours visiteur.

Un canal de coopération avec l'Uruguay ne créera pas instantanément un tableau de bord touristique commun ou une nouvelle application pour visiteurs, mais il renforce la direction prise. Les destinations touristiques les plus performantes au cours de la prochaine décennie seront probablement celles qui utiliseront les données intelligemment, sans réduire le voyage à de la surveillance ou de la bureaucratie. De bons systèmes numériques doivent faciliter les vacances, rendre les services publics plus intelligents et les décisions de gestion plus transparentes.

Les attentes pour le suivi de novembre

Le président des Canaries a annoncé que des sessions conjointes avec l'Uruguay sont prévues en novembre pour donner suite à l'accord et transformer cette coopération en liens plus concrets entre les universités, les entreprises et les secteurs sociaux. Ce suivi sera l'étape clé à surveiller.

Pour le secteur touristique, les résultats les plus utiles seraient des projets spécifiques plutôt que de larges déclarations. Cela pourrait inclure des échanges de recherche sur les indicateurs de tourisme durable, un travail conjoint sur les destinations côtières résilientes au climat, une coopération académique sur les pressions liées à la mobilité et au logement, des initiatives de tourisme patrimonial, des programmes de formation pour les gestionnaires publics ou des liens d'innovation entrepreneuriale liés aux technologies touristiques et aux industries créatives.

Le forum de Montevideo organisé lors de la signature a rassemblé plus d'une centaine de représentants institutionnels, économiques et sociaux, avec la présence de plus de cinquante entreprises uruguayennes et espagnoles. Cette présence entrepreneuriale est capitale car le tourisme durable ne peut être réalisé uniquement par des discours publics. Hôtels, entreprises technologiques, transporteurs, organisations culturelles, guides, universités et commerces locaux façonnent tous l'expérience réelle des visiteurs.

Le mois de novembre révélera si le mémorandum devient une plateforme de travail active. D'ici là, l'interprétation la plus juste est que les Canaries ont ouvert une nouvelle voie de coopération capable de soutenir la gestion durable de la destination à long terme, plutôt que d'annoncer un nouveau produit touristique immédiat.

Aucun changement direct pour vos vacances

Les voyageurs ayant déjà réservé des vacances aux Canaries n'ont aucune mesure à prendre suite à cet accord. Celui-ci ne modifie ni les règles de passeport, ni les procédures aéroportuaires, ni les horaires de ferries, ni les conditions d'enregistrement à l'hôtel, ni l'accès aux plages ou les réglementations touristiques locales. Il ne crée pas non plus de nouvelle liaison aérienne entre l'Uruguay et les Canaries.

La pertinence pratique est plus indirecte. Elle souligne le type de politique touristique qui devient prioritaire dans les îles : une meilleure gestion des ressources, des infrastructures plus intelligentes, une attention accrue à la valeur culturelle et des liens plus forts entre tourisme, recherche et planification publique.

Pour les visiteurs anglophones ou francophones, cela peut sembler loin des questions immédiates comme le choix de l'hébergement, la plage à visiter ou l'organisation d'une semaine en famille à Tenerife. Mais ces décisions à long terme finissent par affecter le quotidien des vacances. Elles déterminent si les destinations restent agréables, si les espaces publics fonctionnent, si la nature est protégée, si les commerces locaux survivent et si les résidents continuent de percevoir le tourisme comme compatible avec une bonne qualité de vie.

Pourquoi c'est important pour les lecteurs de FlyToCanarias

Les lecteurs de FlyToCanarias recherchent généralement des informations pratiques : vols, complexes, événements, plages, réglementations, hôtels et conseils de planification. Cette actualité se situe un cran au-dessus de ces besoins immédiats. Elle montre comment les Canaries tentent de se positionner comme une destination mature, capable de continuer à accueillir des visiteurs tout en apprenant d'autres régions et en améliorant les systèmes qui soutiennent le tourisme.

C'est particulièrement pertinent en 2026, alors que l'archipel continue de chercher un équilibre délicat. La demande reste forte, mais le débat public autour du logement, des infrastructures, du bien-être des résidents, de la protection de l'environnement et de la pression touristique est également intense. La réponse ne viendra probablement pas d'une mesure unique, mais d'une multitude de petits outils : de meilleures données, une planification plus fine, des services plus résilients, une valeur locale renforcée, une promotion plus raisonnée et une coopération institutionnelle plus sérieuse.

Le mémorandum avec l'Uruguay est l'un de ces outils. Il n'a pas l'impact immédiat d'une nouvelle ligne aérienne ou de l'ouverture d'un hôtel, mais il indique la direction de la réflexion officielle. Les Canaries recherchent des partenaires extérieurs sur la durabilité, la technologie, le patrimoine, la recherche et la gestion publique, autant d'éléments qui nourriront la qualité future des vacances dans l'archipel.

L'essentiel

L'accord Canaries-Uruguay est un développement majeur pour le tourisme car il inscrit la durabilité dans un cadre de coopération atlantique élargi. La signature à Montevideo renouvelle un partenariat vieux de 24 ans, lie les deux territoires via le 300e anniversaire de la fondation de Montevideo et lance des travaux sur la résilience climatique, l'économie circulaire, la mobilité, le patrimoine, la transformation numérique et la recherche.

Les visiteurs ne constateront aucun changement immédiat lors de leur prochain séjour aux Canaries. La valeur est à long terme. Si le suivi de novembre débouche sur des projets concrets, l'accord pourrait renforcer la gestion du tourisme, protéger l'identité locale et planifier une économie touristique plus résiliente. Dans une destination où l'avenir du voyage est intrinsèquement lié à la durabilité et à l'acceptation sociale, c'est un dossier à suivre de près.