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Les îles Canaries poussent l'Europe vers des règles touristiques protégeant les vols, les ferries et les résidents

Les îles Canaries ont demandé au Parlement européen de traiter les liaisons aériennes et maritimes comme des infrastructures insulaires essentielles, avertissant que les futures règles sur le tourisme et le climat doivent protéger la connectivité tout en améliorant la qualité de vie des résidents.
2026-08-22

Les îles Canaries ont porté leur argumentaire sur le tourisme et les transports devant le Parlement européen, demandant que les futures règles de l'Union européenne reconnaissent que les destinations insulaires dépendent des liaisons aériennes et maritimes d'une manière que les régions continentales ne connaissent pas.

Le message, délivré par le vice-ministre du tourisme des îles Canaries, Jose Manuel Sanabria, devant la commission des transports et du tourisme du Parlement européen, n'a pas été formulé comme un avertissement pour les vacances à court terme. Les vols sont opérationnels, les ferries continuent de relier les îles et il n'y a pas de nouvelle règle pour les visiteurs. Mais l'intervention est importante car elle touche au cœur de la manière dont les îles Canaries souhaitent que l'Europe traite le tourisme, l'aviation, les liaisons maritimes et la politique climatique au cours des prochaines années.

Le gouvernement régional a soutenu que la connectivité aérienne et maritime devrait être considérée comme une infrastructure essentielle pour l'archipel, et non simplement comme des services commerciaux laissés aux conditions du marché. Pour les visiteurs, cette distinction peut sembler technique. En pratique, elle affecte la disponibilité à long terme des lignes, la pression sur les coûts exercée sur les compagnies aériennes et maritimes, et la capacité d'îles telles que Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, Fuerteventura, La Palma, La Gomera et El Hierro à rester accessibles tant depuis l'Europe continentale que depuis les îles voisines.

Les îles Canaries ont également profité de leur apparition à Bruxelles pour plaider en faveur de politiques touristiques améliorant la qualité de vie des résidents. Ce point est devenu central dans le débat touristique de l'archipel. Le gouvernement souhaite que la future stratégie européenne du tourisme dépasse les chiffres globaux de visiteurs pour prendre en compte la pression sur le logement, les infrastructures partagées, la qualité de l'emploi, la protection de l'environnement et l'expérience quotidienne des personnes qui vivent dans la destination tout au long de l'année.

Ce que les îles Canaries ont demandé à l'Europe de reconnaître

La demande principale portait sur une approche différenciée pour les régions ultrapériphériques de l'Union européenne. Les îles Canaries font partie de l'UE, mais elles sont géographiquement éloignées de l'Europe continentale et de la péninsule Ibérique. Cette distance n'est pas un slogan marketing ; elle définit les conditions pratiques du voyage, du fret, de l'accès aux soins, des déplacements familiaux, de la mobilité étudiante, des liens commerciaux et du tourisme.

À Bruxelles, le gouvernement des îles Canaries a soutenu que la future politique des transports et du tourisme devrait tenir compte de cette réalité. Les îles souhaitent que les règles européennes maintiennent et élargissent les exceptions pour les régions ultrapériphériques dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission de l'UE, connu sous le nom d'ETS, où les coûts du carbone peuvent affecter le transport aérien et maritime. Elles souhaitent également que le cadre de l'UE continue de permettre le soutien public aux nouvelles lignes aériennes qui améliorent l'accessibilité et diversifient les marchés sources des îles.

Pour une destination continentale, une ligne perdue peut souvent être partiellement compensée par le rail, la route ou l'accès à un autre aéroport. Pour les îles Canaries, il n'y a pas de train depuis Londres, Berlin, Madrid, Paris, Dublin, Milan ou Varsovie. Il n'y a pas de pont routier vers l'aéroport de Tenerife Sud, l'aéroport de Gran Canaria ou l'aéroport de Lanzarote. La plupart des visiteurs internationaux arrivent par avion, tandis que les liaisons maritimes sont fondamentales pour les déplacements inter-îles, les opérations de croisière, le fret et le fonctionnement des économies des plus petites îles.

C'est pourquoi le gouvernement régional a décrit la connectivité aérienne et maritime comme une infrastructure pour la viabilité des îles. C'est aussi pourquoi la politique des transports à Bruxelles peut finalement importer pour quelqu'un qui prévoit des vacances à la plage à Costa Adeje, un voyage familial à Corralejo, des vacances de randonnée à La Palma, un séjour sous le soleil d'hiver à Puerto Rico de Gran Canaria, ou un itinéraire d'île en île combinant ferry et vols court-courriers.

Question soulevée à BruxellesPourquoi c'est important pour le tourisme
Liaisons aériennes et maritimes comme infrastructures essentiellesSoutient l'argument d'un accès stable aux lignes, de la mobilité inter-îles, du fret, de l'activité des croisières et de mouvements de visiteurs fiables.
Reconnaissance du statut de région ultrapériphériquePermet aux règles de l'UE de refléter la distance et l'insularité des îles Canaries plutôt que de les traiter comme des destinations continentales.
Exemptions ETS et coûts climatiquesPourrait influencer la pression sur les coûts à long terme pour les compagnies aériennes et maritimes sur les lignes desservant les îles.
Soutien public aux nouvelles lignes aériennesAide les îles à se diversifier au-delà des marchés matures et à améliorer l'accessibilité depuis davantage de villes européennes.
Tourisme centré sur les résidentsRelie la politique des visiteurs au logement, à l'emploi, aux infrastructures, au patrimoine, à la protection de la nature et à la qualité de vie locale.

Pourquoi cela importe pour les vacances aux îles Canaries

Pour les voyageurs, le constat immédiat est simple : il ne s'agit pas d'une histoire de perturbation. Il n'y a pas de fermeture d'aéroport, pas d'avis d'annulation de ferry et aucune nouvelle restriction pour les visiteurs liée à l'intervention de Bruxelles. Les vacanciers ayant réservé des vols pour Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, Fuerteventura ou les petites îles n'ont pas besoin de modifier leurs plans suite à cette annonce.

L'importance est à plus long terme. Les îles Canaries sont l'une des destinations de loisirs les plus dépendantes de l'avion en Europe. Leur popularité auprès des voyageurs en quête de soleil hivernal, des familles, des télétravailleurs, des randonneurs, des cyclistes, des croisiéristes et des clients fidèles des complexes hôteliers dépend de vols fréquents depuis un large éventail de villes. Les îles comptent également sur les liaisons maritimes pour les marchandises, les résidents, les voitures, les entreprises locales et les voyages multi-îles. Si la politique climatique, les coûts du carbone ou l'économie des lignes changent sans traitement spécial pour les régions insulaires, l'impact pourrait se faire sentir sur la planification des lignes et les tarifs au fil du temps.

Les compagnies aériennes choisissent où placer leurs avions en fonction de la rentabilité, de la demande, des coûts d'exploitation et des priorités stratégiques. Les îles Canaries affichent généralement de bons résultats car la destination bénéficie d'une demande tout au long de l'année, d'infrastructures aéroportuaires établies et d'une base d'hébergement étendue. Mais le gouvernement régional avertit que les décisions futures pourraient être affectées si les lignes insulaires font face à des charges de coûts que les destinations concurrentes hors UE ne rencontrent pas de la même manière.

Cela ne signifie pas que les visiteurs doivent s'attendre à une perte soudaine de connectivité. Cela signifie que les îles Canaries tentent de protéger les conditions qui rendent les vols réguliers viables. Pour les entreprises touristiques, cela inclut les tour-opérateurs, les hôtels, les complexes d'appartements, les agences de location de voitures, les sociétés d'excursions, les restaurants et les prestataires de transports locaux. Pour les visiteurs, cela signifie la possibilité de comparer les itinéraires, de voyager en dehors des périodes de vacances scolaires et d'atteindre différentes îles sans frictions excessives.

La question de l'ETS expliquée simplement

Le système d'échange de quotas d'émission de l'UE est conçu pour imposer un coût aux émissions de carbone et encourager des choix de transport et d'énergie plus propres. En termes généraux, les entreprises des secteurs concernés doivent rendre compte de leurs émissions, ce qui peut créer des coûts supplémentaires. L'objectif politique est environnemental, mais les îles Canaries soutiennent que la même règle peut avoir des effets inégaux lorsqu'elle est appliquée à des territoires sans alternative terrestre réaliste au transport aérien et maritime.

Pour l'archipel, la question n'est pas de savoir si le tourisme doit devenir plus durable. Les institutions des îles Canaries parlent de plus en plus de durabilité, du bien-être des résidents, de la protection du patrimoine naturel et culturel, et d'un modèle touristique qui apporte plus de valeur plutôt que simplement plus de volume. Le point soulevé à Bruxelles est plus restreint et plus pratique : si les carburants d'aviation durables et d'autres alternatives bas carbone ne sont pas disponibles à une échelle suffisante dans les régions ultrapériphériques, les coûts climatiques peuvent devenir une pénalité sur la distance plutôt qu'un outil de transition équitable.

Le gouvernement a également mis en garde contre la concurrence maritime. Les lignes au sein de l'Europe peuvent supporter une charge de coût d'émission différente de celle des liaisons impliquant des ports hors UE. Si les règles déplacent involontairement le trafic vers des ports non européens plutôt que de réduire les émissions globales, les îles soutiennent que l'Europe risque d'endommager sa propre activité portuaire, l'emploi et la logistique touristique sans atteindre le résultat environnemental souhaité.

Pour les visiteurs, il s'agit principalement d'un problème d'arrière-plan pour le moment. Cela aide à expliquer pourquoi les îles Canaries insistent souvent pour que la politique environnementale et la politique de connectivité soient conçues ensemble. Les îles veulent un tourisme plus propre, mais elles ont aussi besoin que les vols et les navires fonctionnent. Le défi politique est de réduire les émissions tout en maintenant la connexion des communautés insulaires et des économies liées aux visiteurs.

Un modèle touristique qui intègre les résidents

L'intervention de Bruxelles reflète également un changement plus large dans la manière dont les îles Canaries parlent du tourisme. L'archipel reste l'une des principales régions de vacances d'Europe, le tourisme représentant une part importante de l'économie et de l'emploi. Parallèlement, les îles sont sous pression en raison de l'abordabilité du logement, de l'utilisation des infrastructures, des limites environnementales et des préoccupations locales sur la gestion de la croissance touristique.

Le message de Sanabria à l'Europe était que la politique touristique devrait générer des bénéfices pour les communautés locales et améliorer la qualité de vie des résidents. Cette formulation est significative. Elle déplace la discussion de l'ancienne question de savoir si plus de visiteurs sont toujours préférables vers un test plus complexe : le tourisme soutient-il des emplois de qualité, des services publics fonctionnels, des paysages protégés, des villes vivables et l'identité locale ?

Ceci importe pour les voyageurs car les meilleures expériences de vacances aux îles Canaries sont étroitement liées à la vie des résidents. Les plages, les promenades, les quartiers historiques, les villages ruraux, les marchés alimentaires, les sentiers, les réseaux de bus, les ports de ferry et les parcs naturels sont des espaces partagés. Lorsqu'une destination est bien gérée, les visiteurs bénéficient d'espaces publics plus propres, de meilleurs transports, d'une scène culinaire locale plus forte, d'un accès à la nature plus sûr et de rencontres culturelles plus authentiques. Lorsque la pression est mal gérée, les résidents et les visiteurs le ressentent à travers l'encombrement, un mauvais entretien, des prix gonflés, des sites naturels surpeuplés et des frictions sur l'espace public.

Le gouvernement positionne donc le bien-être des résidents comme une partie de la compétitivité touristique, et non comme un problème distinct. C'est un argument mature pour une destination qui a dépassé le stade initial de l'attraction de l'attention et qui doit maintenant gérer son succès avec soin.

Pourquoi le soutien aux lignes reste un enjeu stratégique

Le soutien public aux nouvelles lignes est un autre volet de la demande des îles Canaries. Les îles souhaitent que les règles européennes continuent de permettre des aides qui aident à ouvrir et à consolider les connexions avec les régions ultrapériphériques. Ceci est particulièrement pertinent pour les marchés sources plus petits ou plus récents où la demande peut être prometteuse mais pas encore assez mature pour que les compagnies aériennes assument seules tout le risque.

Le développement des lignes a des conséquences pratiques pour les vacanciers. Des liaisons nouvelles ou renforcées peuvent réduire la nécessité de transiter par Madrid, Barcelone ou les grands hubs européens. Elles peuvent faciliter les courts séjours, élargir le choix des villes de départ et soutenir l'accès direct à des îles spécifiques plutôt que de canaliser la demande vers les seules passerelles les plus fréquentées. Elles peuvent également aider à répartir les dépenses des visiteurs plus équitablement à travers l'archipel.

Par exemple, une ligne directe vers La Palma peut changer l'économie du tourisme de nature sur cette île. Une capacité accrue vers Fuerteventura peut soutenir la demande pour la plage, le surf et les familles. Des connexions supplémentaires vers Lanzarote peuvent aider le tourisme événementiel, l'œnotourisme et les voyages indépendants. Une connectivité forte vers Tenerife et Gran Canaria soutient les deux plus grands systèmes aéroportuaires, mais elle peut également alimenter les voyages ultérieurs par ferry ou par liaisons aériennes inter-îles.

La valeur stratégique ne réside pas seulement dans le volume. Une meilleure diversité des lignes peut rendre l'économie touristique plus résiliente. Si un marché s'affaiblit en raison de changements monétaires, d'un ralentissement économique ou d'une restructuration de compagnie aérienne, un ensemble plus large de marchés sources peut aider à atténuer l'impact. C'est pourquoi la politique de connectivité est également une politique de risque économique pour les îles Canaries.

Ce que cela ne change pas pour les visiteurs actuellement

Il y a plusieurs choses que cette nouvelle ne fait pas. Elle n'introduit pas de taxe touristique. Elle ne crée pas de plafond de visiteurs. Elle ne change pas les règles d'entrée. Elle ne modifie pas les règles relatives aux bagages, les procédures aéroportuaires, l'embarquement des ferries ou l'accès aux complexes hôteliers. Cela ne signifie pas que les vols vers les îles Canaries sont sur le point de s'arrêter ou que les vacances sont menacées.

Les visiteurs doivent y voir un signal politique plutôt qu'une alerte opérationnelle. Les îles Canaries tentent de façonner les règles qui régiront le tourisme et les transports à l'avenir, particulièrement alors que l'Europe équilibre les objectifs climatiques avec les réalités des territoires insulaires éloignés. Le conseil de voyage immédiat reste ordinaire et pratique : vérifier les horaires des compagnies aériennes, réserver l'hébergement tôt pour les périodes de pointe, prévoir un temps raisonnable pour les transferts aéroportuaires et planifier les voyages inter-îles en tenant compte des horaires de ferries ou de vols.

Les voyageurs qui souhaitent des vacances plus responsables peuvent également prendre ce message au sérieux sur le terrain. Utilisez les sentiers balisés, respectez les zones protégées, soutenez les restaurants et producteurs locaux, évitez l'utilisation inutile de la voiture là où les transports publics ou les excursions organisées fonctionnent bien, et rappelez-vous que les plages, les villes et les espaces naturels sont partagés avec les résidents. Le débat de Bruxelles est de haut niveau, mais l'idée de base est très locale : le tourisme fonctionne mieux lorsqu'il renforce le lieu où les gens vivent.

Pourquoi les îles Canaries plaident leur cause maintenant

Le timing est important car l'Europe travaille sur la forme future du tourisme durable, la décarbonation des transports et la politique des régions ultrapériphériques. Les îles Canaries veulent faire partie de cette conversation avant que les décisions ne soient figées. Attendre que les règles soient définitives laisserait l'archipel réagir à des cadres conçus principalement selon des hypothèses continentales.

L'argument des îles est qu'un traitement égal ne signifie pas toujours un traitement identique. Une règle qui est juste pour une région continentale disposant du rail, de la route et d'aéroports alternatifs à proximité peut ne pas être juste pour un archipel atlantique qui dépend des avions et des navires pour presque toutes ses connexions externes. L'archipel demande à l'Europe de reconnaître la différence sans abaisser l'ambition en matière de durabilité.

C'est un équilibre délicat. Les îles Canaries ne peuvent pas construire leur avenir sur une croissance illimitée, une pression non gérée ou un modèle purement basé sur le volume. Mais elles ne peuvent pas non plus prétendre que le transport aérien et maritime sont des options facultatives. Le défi de la destination est de protéger la connectivité tout en améliorant la qualité du tourisme, en augmentant les bénéfices locaux, en réduisant les dommages environnementaux et en gérant les flux de visiteurs plus intelligemment.

Une histoire plus vaste qu'un simple discours à Bruxelles

Cette intervention s'inscrit dans un schéma plus large de la politique touristique des îles Canaries. Des débats récents ont porté sur la réglementation de l'hébergement, les déplacements des résidents, la planification face à la chaleur, les espaces naturels protégés, les infrastructures d'eau, le développement des lignes et la nécessité d'une gestion plus équilibrée de la destination. Le fil conducteur est que le tourisme n'est plus discuté uniquement sous l'angle de la promotion. Il est discuté comme une infrastructure, une politique climatique, une politique du logement, une politique de l'emploi, une politique environnementale et une politique sociale.

Pour les lecteurs de FlyToCanarias, c'est un contexte utile. Les îles Canaries restent ouvertes, accessibles et très expérimentées dans l'accueil des visiteurs. Parallèlement, l'archipel négocie activement le type d'avenir touristique qu'il souhaite. Le message de Bruxelles montre que les îles tentent de défendre les fondements pratiques du voyage tout en soutenant que le tourisme doit profiter aux résidents, et non simplement traverser leurs villes, leurs routes, leurs plages et leurs paysages.

La lecture la plus juste de cette nouvelle n'est donc pas alarmiste. Elle est stratégique. Les îles Canaries disent à l'Europe que le tourisme durable pour les régions insulaires ne peut être construit en séparant l'ambition climatique de la connectivité, ou la croissance des visiteurs du bien-être des résidents. Pour une destination dont l'économie, l'identité et l'attrait pour les visiteurs dépendent tous du fait d'être à la fois accessible et vivable, cela restera probablement l'un des débats touristiques déterminants de la prochaine décennie.

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